Alors que l’OM se positionnait, la direction rennaise riposte avec une procédure disciplinaire ciblant deux transferts précis

Arrivé au chevet du Stade Rennais en janvier 2025 alors que le club breton flirtait avec la zone de relégation, Habib Bèye a réussi son pari sportif. Après avoir redressé la barre pour finir douzième lors de l’exercice précédent, le technicien sénégalais a hissé son équipe à la sixième place cette saison, à seulement quatre longueurs des places qualificatives pour la Ligue des Champions. Pourtant, malgré cette dynamique comptable positive, l’ancien défenseur de l’OM se retrouve aujourd’hui écarté, victime d’une procédure disciplinaire qui masque une lutte d’influence en coulisses.

Selon les informations rapportées par Le Soleil Sports, la rupture entre l’entraîneur et sa direction ne trouve pas sa source sur le terrain, mais dans un dossier qualifié officiellement de « privé ». En réalité, la direction du club reproche à son coach un potentiel conflit d’intérêts lié à l’agence « Classico », qui gère ses droits ainsi que ceux de plusieurs joueurs. Des accusations informelles pointent notamment les transferts de Brassier et Merlin, mouvements durant lesquels le technicien aurait, selon ses détracteurs, favorisé les intérêts de son agence de représentation.

**Une guerre de positionnement avec l’Olympique de Marseille en toile de fond**

Ce dossier disciplinaire émerge dans un contexte de tensions internes palpables au sein de l’organigramme rennais. D’après la source, Habib Bèye, soutenu par la famille Pinault (propriétaire du club), entretenait des relations complexes avec son président, Arnaud Pouille. Ce dernier préparerait déjà le terrain pour l’arrivée de Franck Haise, technicien qu’il a côtoyé au RC Lens.

Le timing de cette éviction interpelle également par sa concomitance avec les mouvements du marché des entraîneurs. Alors que l’Olympique de Marseille a manifesté son intérêt pour installer Bèye sur son banc en succession de Roberto De Zerbi, la direction rennaise a enclenché cette procédure. Officieusement, il est reproché au Sénégalais d’avoir entamé des discussions avec le club phocéen avant même l’élimination de Rennes en Coupe de France face à ce même adversaire.

**Des fuites organisées pour fragiliser le technicien**

Avant l’officialisation de la procédure, plusieurs éléments financiers ont filtré dans la presse, évoquant des exigences salariales supposément démesurées de l’entraîneur, incluant le maintien de son salaire jusqu’en 2027 et des pourcentages sur la revente de jeunes joueurs. Si le Stade Rennais a publié un démenti qualifiant ces allégations d’infondées, ces fuites ont contribué à ternir l’image du technicien auprès de l’opinion publique.

Aucune illégalité n’a été prouvée concernant les liens avec l’agence Classico, mais la succession des événements dessine, selon Le Soleil Sports, une stratégie visant à justifier le départ d’un entraîneur dont le bilan sportif, marqué par un redressement spectaculaire en moins de 18 mois, ne suffisait pas à valider le limogeage.

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