Deux ans après l’accession au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, la politique agricole du Sénégal amorce une phase de transition. Forte d’une campagne 2024-2025 marquée par des récoltes massives, l’administration dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko s’oriente désormais vers un modèle axé sur la transformation locale et l’industrialisation.
Selon les données rapportées par Le Soleil Sports, la dernière saison agricole a permis de consolider la base productive nationale. Dans la vallée du fleuve Sénégal, les rendements rizicoles ont atteint jusqu’à 10 tonnes à l’hectare, générant une production globale avoisinant les 500 000 tonnes. Les autres filières affichent également des volumes importants : 450 000 tonnes pour l’oignon, 250 000 tonnes pour la pomme de terre et plus de 112 000 tonnes pour la banane. La production d’arachide, appuyée par les coopératives d’utilisation de matériel agricole et le dispositif « Allô Tracteurs », est projetée au-delà des 900 000 tonnes. Ces résultats découlent d’une distribution élargie d’intrants et d’une digitalisation des circuits de distribution.
Pour capitaliser sur ces volumes, l’État déploie le Programme national de développement des agropoles, structuré autour de cinq zones agro-industrielles distinctes. Le pôle Nord, qui concentre le plus fort investissement avec 189 milliards FCFA, ciblera le riz, l’oignon, la tomate et l’élevage. Le pôle Centre bénéficie d’une enveloppe de 108 milliards FCFA pour les filières arachidière, céréalière et la production de sel. Dans le Sud, 57 milliards FCFA sont alloués à la valorisation de la mangue, de l’anacarde et du maïs. Le pôle Ouest mobilise 56 milliards FCFA pour l’horticulture, la viande et le lait, tandis que le pôle Est se focalisera sur la banane, le fonio et le maïs.
La mise en place de ces infrastructures a pour but de structurer les chaînes de valeur et de réduire les pertes post-récolte. Les prévisions gouvernementales estiment à 350 000 le nombre d’emplois directs et indirects générés uniquement par les pôles Sud et Centre. L’objectif défini par le ministère de l’Industrie est d’accroître la valeur ajoutée des produits locaux, à l’image de l’anacarde dont le prix peut être décuplé par la transformation sur place.
Afin de rendre ce nouveau modèle opérationnel et de garantir l’approvisionnement des futures unités industrielles, Ousmane Sonko a formellement demandé une accélération des décaissements et la levée des contraintes liées au financement.
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