C’est un déplacement qui ressemble à un piège parfait. Après trois semaines de pause forcée et deux défaites consécutives contre les Sharks, les DHL Stormers montent sur le Highveld pour affronter les Lions. Le contexte sportif, marqué par ces revers à domicile et à l’extérieur, dicte logiquement une certaine tension au moment d’aborder ce virage du United Rugby Championship. Pourtant, à l’heure de défier l’altitude de Johannesburg, le message envoyé par les cadres de l’équipe prend le contre-pied total de l’ambiance supposée.
Le demi de mêlée Stefan Ungerer, interrogé par notre source Sportswire, a tenu à rectifier la perception extérieure de la situation. Là où les observateurs cherchent des signes de nervosité, le groupe a choisi une tout autre approche psychologique.
**L’excitation plutôt que la peur du vide**
« Il n’y a pas de sentiment de pression au sein du groupe », tranche Ungerer. Loin de s’affoler après la double confrontation manquée face aux Sharks, le vestiaire préfère regarder le classement avec pragmatisme. « Si on nous avait demandé en début de saison si nous voulions être dans notre position actuelle, nous aurions signé tout de suite. »
Ce refus de céder à la panique s’appuie sur l’expérience des saisons précédentes, où les Stormers devaient souvent courir après les points lors de sprints finaux anxiogènes. Cette fois, l’enjeu n’est pas la survie immédiate, mais l’application. « C’est juste de l’excitation à l’idée de corriger certaines choses sur lesquelles nous avons travaillé et de nous tester en altitude », précise le demi de mêlée.
**Le spectre des entames catastrophiques**
Si la pression est évacuée, la lucidité tactique reste de mise. Le danger identifié par le staff technique porte un nom précis : les entames de match des Lions. Les précédents sont cruels pour les hommes du Cap. La saison dernière, dans cette même affiche, les Lions menaient 24-6 à la mi-temps avant de l’emporter 30-23. Plus récemment, en décembre au DHL Stadium, Ruan Venter avait franchi la ligne après seulement une minute de jeu.
Ungerer et ses coéquipiers savent qu’ils ne pourront pas toujours compter sur des remontées héroïques, comme celle opérée lors de leur victoire 34-27 au match aller. « C’est toujours difficile d’aller jouer à Joburg. Même au Cap, ils jouent pendant 80 minutes, donc on ne peut jamais se relâcher », analyse-t-il.
**La clé : la gestion des « grands moments »**
Pour transformer cette « excitation » en victoire à l’extérieur, le plan de jeu repose sur un retour aux fondamentaux, délaissés lors des derniers revers. Ungerer pointe spécifiquement la gestion des temps forts et la discipline, qui ont fait défaut récemment en offrant des points faciles aux adversaires.
« Il s’agit de contrôler les grands moments », insiste le joueur. « En début de saison, nous étions calmes dans ces moments-là. » Le retour à une conquête dominatrice — la marque de fabrique des Stormers — est l’autre priorité absolue pour « restaurer la fierté du maillot », selon les mots du demi de mêlée. Une ambition qui passera, avant tout, par la capacité à ne pas se laisser asphyxier dès le coup d’envoi.


0 Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.