Le compte à rebours est lancé en vue du 19 avril, date fixée pour l’un des chocs les plus attendus de la saison de lutte sénégalaise entre Ada Fass et Eumeu Sène. Si l’expérience et la densité physique de l’ancien Roi des Arènes sont souvent citées comme des avantages déterminants, le camp de Fass Benno refuse de s’en laisser conter. Interrogé sur les chances de son protégé face à un tel monument, le président de l’écurie, Mbaye Diop, a tenu à rectifier une perception largement répandue concernant le rapport de force athlétique entre les deux hommes.
Dans un entretien accordé au journal RECORD et relayé par nos confrères de Lutte TV, le dirigeant s’est montré catégorique sur la préparation de son chef de file. Loin de craindre l’impact physique imposé par le leader de Tay Shinger, Mbaye Diop estime que l’analyse visuelle des observateurs est biaisée par une méprise technique fondamentale.
La distinction entre volume et puissance réelle
Pour le président de Fass Benno, la masse musculaire apparente ne garantit pas la domination dans l’enceinte. « Les gens confondent volume et puissance physique. Ce n’est pas la même chose », a-t-il précisé pour justifier sa sérénité. Selon lui, le travail effectué actuellement par Ada Fass vise une efficacité athlétique pure qui pourrait surprendre son adversaire le jour J.
« Ada Fass se prépare. S’il continue dans cette dynamique, il sera plus puissant qu’Eumeu Sène le jour du combat », assure Mbaye Diop, qui conclut sans détour : « Dans ce cas, je ne doute pas de la victoire de mon poulain. »
Les exigences envers la nouvelle Ligue de Dakar
Au-delà de cette échéance sportive, Mbaye Diop, lui-même pressenti pour la présidence du district de lutte de Dakar, est revenu sur l’actualité administrative de la discipline. Membre de la coalition ayant porté Tapha Gueye à la tête de la Ligue régionale, il a salué l’élection de l’ancien Tigre de Fass, au profit duquel il avait retiré sa propre candidature.
Le dirigeant a toutefois dressé une feuille de route claire pour le nouveau bureau. Sa priorité absolue concerne la réduction des saisons blanches qui freinent la progression des jeunes talents. « Dans une écurie de 70 lutteurs, seuls 5 arrivent à trouver un combat, cela ne fait même pas 10% », déplore-t-il, soulignant la précarité économique du secteur où « seul un arrive à gagner des millions, les autres ne touchent que des miettes ».
Pour remédier à ce déséquilibre, Mbaye Diop exhorte la nouvelle équipe dirigeante à entamer des discussions fermes avec les promoteurs pour une revalorisation des cachets et une meilleure répartition des revenus, incluant un pourcentage direct pour les écuries, un chantier structurel que la Ligue de Dakar devra mener de front avec la clarification du statut des managers et entraîneurs.
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