Champion en 2013 et formé à Diambars, il range les crampons en pointant du doigt l’épisode « inexplicable » qui a marqué sa trajectoire

C’est une figure familière du championnat local sénégalais qui tire sa révérence. Après plus d’une décennie passée sur les terrains, marquée par des titres nationaux et un parcours formateur au sein de l’académie Diambars, Khassim Soumaré a décidé de mettre un terme définitif à sa carrière de joueur. Dans un entretien accordé à notre confrère *DS Sports*, le latéral gauche de la promotion 91 explique les raisons de ce choix et livre une analyse lucide sur les réalités du football professionnel.

L’heure du bilan a sonné pour le champion du Sénégal 2013. Absent des radars depuis deux saisons, Khassim Soumaré confirme qu’il ne rechaussera plus les crampons en compétition officielle. Une décision mûrie, dictée par l’usure physique et une volonté de laisser la place. « Je pense que c’est le moment de dire stop », confie-t-il, évoquant la nécessité de tourner la page après des années de pression constante et d’exigence physique. Fier d’avoir « tout donné », il quitte les terrains sans pépins physiques majeurs, un motif de satisfaction pour celui qui a traversé les divisions, de la Ligue 1 au National 1.

**La blessure olympique de 2012**

Si le défenseur conserve le sacre de 2013 avec Diambars comme le sommet émotionnel de sa carrière — une revanche sur le titre perdu in extremis face au Casa Sports l’année précédente —, son parcours reste marqué par une cicatrice tenace. International chez les jeunes (U17, U20) et acteur majeur de la qualification historique des U23 pour les Jeux Olympiques de Londres 2012, Soumaré a vécu sa non-sélection pour la phase finale comme un traumatisme.

« C’était inexplicable. J’étais choqué et déçu », raconte-t-il à *DS Sports*. À l’époque, la quasi-totalité des joueurs locaux ayant obtenu la qualification avaient été écartés au profit d’expatriés, à l’exception du gardien Ousmane Mané. Pour Soumaré, cet épisode a constitué un tournant : « Je pense que si j’avais disputé cette campagne, ma carrière aurait pris une autre tournure. »

**L’éducation Diambars au-delà du terrain**

Malgré une courte expérience en Lettonie avortée pour des questions de quotas de joueurs étrangers, l’ancien international local ne nourrit pas d’amertume. Il préfère insister sur l’héritage de sa formation à Saly. Pour lui, l’académie Diambars a joué un rôle qui dépasse le cadre sportif. « J’ai compris à Diambars que le plus important était de réussir sa vie », analyse-t-il, soulignant que la réussite humaine prime sur la signature d’un contrat en Europe.

Désormais tourné vers l’avenir, Khassim Soumaré a entamé sa reconversion. Il prépare ses diplômes d’entraîneur avec l’objectif de transmettre son vécu aux jeunes générations, leur rappelant que le football est un métier où « il n’y a pas de cadeaux » et où le talent seul ne suffit plus.

« Diambars m’a formé humainement. Beaucoup de gens sont heureux de voir les joueurs signer en Europe, mais le plus important pour moi, c’était l’éducation. C’est la base. Je dois beaucoup à Diambars et à toutes ces personnes qui m’ont aidé à avoir une bonne éducation ».

Khassim Soumaré en Lettonie

« Pape Boubacar Gadiaga, il m’a beaucoup marqué. Il vit football. Il arrivait au centre à 9h pour rentrer à 23h. Il n’avait pas d’autre vie. Il mérite beaucoup de respect. Il a beaucoup fait à Diambars. Il a façonné de très bons footballeurs, mais aussi des hommes. »

Khassim Soumaré en Lettonie

« J’ai commencé ma reconversion. Je vais passer mes diplômes et apprendre aux côtés de grands coachs, incha’Allah. Comme je l’ai dit, je veux partager mon expérience avec les jeunes, les aider et leur faire comprendre que ce sport est à prendre au sérieux et qu’il n’y a pas de cadeaux ».

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