Contraint aux excuses après une sortie médiatique, le co-propriétaire de Manchester United s’expose désormais à une procédure fédérale spécifique

Sous le feu des critiques après une intervention télévisée mercredi, l’homme fort de la direction mancunienne a tenté d’éteindre l’incendie par un communiqué officiel diffusé jeudi. Si les regrets ont été formulés, l’affaire pourrait dépasser le simple cadre médiatique pour entrer sur le terrain disciplinaire, la Fédération anglaise (FA) étudiant de près la conformité des propos tenus avec ses règlements éthiques.

Sir Jim Ratcliffe, co-propriétaire de Manchester United, a présenté ses excuses après avoir déclaré sur Sky News que le Royaume-Uni était « colonisé par les immigrés ». Ces propos, tenus en marge du Sommet de l’industrie européenne à Anvers, ont provoqué de vives réactions, notamment celles du Premier ministre Sir Keir Starmer et du maire du Grand Manchester, Andy Burnham.

Une mise au point sur fond de tensions

Dans son communiqué, le dirigeant d’INEOS explique sa démarche : « Je suis désolé que mon choix de mots ait offensé certaines personnes au Royaume-Uni et en Europe et suscité des inquiétudes. » Il précise que son intention était de soulever la question d’une immigration « contrôlée et bien gérée » pour soutenir la croissance économique. Selon PLZ Soccer, Ratcliffe a insisté sur le fait qu’il répondait à des questions sur la politique britannique et l’importance des compétences industrielles.

Lors de l’interview initiale, l’homme d’affaires avait affirmé : « On ne peut pas avoir une économie avec neuf millions de personnes bénéficiant d’aides sociales et des niveaux énormes d’immigrés qui arrivent. Le Royaume-Uni est en train d’être colonisé. Cela coûte trop d’argent. »

Le spectre d’une sanction fédérale

Au-delà des réactions politiques, l’affaire pourrait avoir des répercussions sportives. La Press Association indique que la Fédération anglaise examine ces déclarations pour déterminer si elles ont porté atteinte à l’image du football. En tant que co-propriétaire d’un club, Ratcliffe est considéré comme un « participant » soumis aux règles de la FA.

L’instance pourrait se baser sur la règle E3.1, qui interdit tout comportement « inconvenant » ou susceptible de « jeter le discrédit sur le jeu ». Si une enquête formelle est ouverte, elle pourrait également invoquer la règle E3.2, qualifiant d’« infraction aggravée » toute référence explicite ou implicite à l’origine ethnique, la couleur de peau, la nationalité ou la religion.

Réactions locales et associatives

L’organisation de lutte contre les discriminations Kick It Out a qualifié ces commentaires de « honteux et profondément clivants », rappelant que Manchester United possède une base de supporters diversifiée et évolue dans une ville enrichie par son histoire migratoire.

De son côté, Andy Burnham, pourtant engagé avec Ratcliffe dans le projet de régénération de la zone d’Old Trafford, a fermement condamné cette sortie : « Décrire ceux qui viennent ici comme une force d’invasion hostile est inexact, insultant et incendiaire. » Le maire a également glissé une critique voilée envers la famille Glazer, actionnaire majoritaire, en soulignant que les reproches devraient plutôt viser « ceux qui ont offert peu de contribution à notre vie ici et ont passé des années à siphonner la richesse de l’une de nos institutions les plus fières ».

Sir Jim Ratcliffe
Sir Jim Ratcliffe

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