Face à une échéance nationale jugée incompatible avec le tournoi, le président du comité d’organisation kényan préconise un changement de date radical

Désignés pour accueillir la grande messe du football africain dans trois ans, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda font face à un défi logistique et sécuritaire majeur. Alors que la Confédération Africaine de Football (CAF) maintient pour l’heure sa programmation initiale en juin-juillet, une voix autorisée au sein de l’organisation locale brise le consensus et plaide ouvertement pour un report de l’événement.

La cohabitation entre le football et la politique s’annonce complexe en Afrique de l’Est. Nicholas Musonye, président du Comité local d’organisation (LOC) kényan pour la CAN 2027, a pris la parole pour suggérer un décalage de la compétition à l’année 2028. Selon des propos relayés par notre confrère Wiw Sport, ce responsable estime que le calendrier actuel expose le tournoi à des risques évitables.

La raison invoquée est strictement liée à l’agenda politique national. Le Kenya doit tenir ses élections générales en août 2027, soit quelques semaines seulement après la fin théorique du tournoi. Pour Nicholas Musonye, cette proximité temporelle crée une « atmosphère volatile » incompatible avec l’accueil serein d’une compétition continentale. Il a précisé à l’AFP qu’un report « serait une bonne chose pour le Kenya », soulignant l’impossibilité de garantir une sécurité optimale pour les équipes et les supporters dans un climat de tensions électorales potentielles.

Cette inquiétude ne se limite pas aux frontières kényanes. Le dirigeant a étendu son analyse à la région, évoquant une instabilité latente qui pourrait affecter également la Tanzanie et l’Ouganda, les deux autres pays hôtes du projet « Pamoja ». L’objectif est d’éviter que la fête du football ne soit parasitée ou mise en danger par les enjeux de pouvoir locaux.

Pour l’instant, la position officielle de la CAF reste inchangée : le tournoi est prévu pour 2027. Des inspections techniques sont d’ailleurs en cours pour évaluer l’avancement des infrastructures dans les trois pays. Toutefois, cette sortie médiatique d’un haut responsable de l’organisation locale donne du crédit aux informations circulant depuis plusieurs mois sur un possible glissement vers 2028, une option que l’instance panafricaine devra étudier lors de la prochaine réunion de son comité exécutif.

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