À moins de quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’attention se porte généralement sur les stades et les favoris. Pourtant, derrière la promesse d’une fête « grandiose et inclusive » coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, une tout autre réalité se dessine. Loin des projecteurs braqués sur les infrastructures, plusieurs observateurs, dont nos confrères de DS Sports, pointent du doigt un climat sécuritaire et diplomatique qui tranche avec le silence des instances internationales.
Le contraste est saisissant entre l’image lisse vendue par les organisateurs et le contexte sur le terrain. Si le Canada offre un cadre serein, la situation au Mexique reste marquée par la violence endémique liée aux cartels. Mais c’est surtout aux États-Unis que les tensions cristallisent les inquiétudes. L’actualité géopolitique récente, marquée par des menaces de conflit ouvert avec l’Iran et des tensions persistantes sur plusieurs fronts internationaux (Venezuela, Cuba, Gaza), installe une atmosphère pesante autour de l’événement. Contrairement aux éditions précédentes au Qatar ou en Russie, où les appels au boycott et les critiques sur les droits humains fusaient des capitales occidentales, la préparation de ce Mondial nord-américain bénéficie d’une clémence médiatique notable.
**Une boussole morale à géométrie variable**
Ce « deux poids, deux mesures » souligné par DS Sports devient particulièrement visible au sommet de la pyramide du football mondial. Alors que la Russie a été exclue des compétitions internationales suite à l’invasion de l’Ukraine, la FIFA maintient une posture bien différente vis-à-vis de l’hôte principal de 2026. L’image de Gianni Infantino remettant un prix présenté comme celui de la paix à Donald Trump, en plein contexte d’escalade militaire, illustre ce paradoxe. Une séquence perçue par certains comme une dissonance majeure alors que le tournoi est censé prôner l’unité mondiale.
**Le silence des instances africaines**
L’impact de ces tensions ne se limite pas à la géopolitique globale ; il touche directement le continent africain. Une décision spécifique de l’administration américaine restreint l’accès des supporters venant de certains pays d’Afrique de l’Ouest. Face à cette mesure restrictive, aucune indignation majeure n’a été relayée par la Confédération Africaine de Football (CAF) ou les autorités politiques du continent. Ce manque de réaction collective contraste avec la solidarité européenne observée lors de crises précédentes.
Cette passivité s’inscrit dans un contexte où les divisions internes fragilisent la voix de l’Afrique. L’exemple récent de 18 ressortissants sénégalais retenus au Maroc pendant plus d’un mois, sans pression diplomatique significative pour régler la situation, témoigne de cette difficulté à faire front commun pour défendre les intérêts des supporters et citoyens africains. À l’approche de la compétition, ces zones d’ombre diplomatiques restent pour l’heure sans réponse.
0 Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.