La lutte sénégalaise est jalonnée de dynasties familiales où le talent se transmet d’une génération à l’autre. Parmi les figures tutélaires de la discipline, un ancien champion a vu sa descendance marquer l’histoire de la lutte avec frappe, et ce, malgré une opposition initiale ferme de sa part quant au choix de carrière de ses enfants.
Mamadou Sakho, plus connu sous le surnom de Double Less ou le « Seigneur » des arènes, a régné sur la lutte sénégalaise entre 1972 et 1999. Comme le détaille Le Soleil Sports, son parcours l’a mené des arènes locales aux compétitions internationales. Il a représenté le Sénégal lors de trois éditions des Jeux Olympiques (Montréal 1976, Moscou 1980, Los Angeles 1984) et a réalisé un doublé inédit aux Jeux africains de Nairobi, décrochant l’or en lutte gréco-romaine face à l’Égyptien El Hadad et en lutte simple contre le Nigérian Olulu Dagu.
Malgré ce palmarès, Double Less ne souhaitait pas voir ses enfants embrasser la même voie. Soucieux de leur assurer une stabilité professionnelle, il a initialement orienté son fils aîné, Omar Sakho (futur Balla Gaye 2), vers la mécanique, et son cadet, Salif Sakho (Sa Thiès), vers la menuiserie. Notre rédaction note, en s’appuyant sur les éléments du Soleil Sports, que c’est dans la clandestinité que les deux frères ont forgé leur expérience. Ils participaient en cachette aux « mbapatt » (séances de lutte nocturnes) avant de s’illustrer dans les galas de quartier.
Face aux performances de ses fils dans la lutte avec frappe, Mamadou Sakho a finalement revu sa position. Il a structuré leur encadrement en fondant une école de lutte à Keur Massar, devenue le bastion de Sa Thiès, tout en supervisant la carrière de Balla Gaye 2 à Guédiawaye, validant ses combats et gérant sa préparation stratégique et mystique.
Cet encadrement familial a conduit au sommet. Le 22 avril 2012, Balla Gaye 2 est devenu Roi des arènes en faisant chuter Yakhya Diop, dit Yékini. Double Less a pu assister à l’ascension de ses fils avant son décès le 5 septembre 2021 à Keur Massar, des suites d’une longue maladie. L’héritage sportif s’est ensuite prolongé : selon les données rapportées par Le Soleil Sports, Sa Thiès a également atteint la consécration suprême en détrônant Modou Lô un dimanche 5 avril à l’Arène nationale de Pikine. Un troisième fils, Élou Fils de Falaye, avance actuellement à pas mesurés dans l’arène, perpétuant ainsi la présence de la famille Sakho, qui compte désormais une légende et deux Rois des arènes.
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