Le siège de la Fédération sud-africaine de football (SAFA), situé à Nasrec, a été le théâtre d’une scène de confusion ce week-end. Alors que le Comité exécutif national (NEC) devait se réunir pour aborder les échéances à venir de l’instance, les travaux ont dû être définitivement interrompus suite à l’irruption d’un groupe d’individus dans la salle du conseil.
Les faits se sont déroulés lundi, lorsque quatre membres — identifiés comme Monde Montshiwa, Gladwyn White, Bhudda Mathathe et Lebogang Riet — se sont heurtés au service de sécurité à l’entrée du bâtiment. Après avoir forcé le passage, le groupe a pénétré dans la salle de réunion. Une confrontation verbale directe a alors éclaté avec le président de la SAFA, Danny Jordaan, qui siégeait aux côtés des membres du NEC Nastasia Chiklas et Bennet Bailey. Face à l’escalade des tensions, la session a été officiellement abandonnée et devra être reprogrammée à une date ultérieure.
Selon les informations rapportées par Sportswire, une source de haut rang au sein de la SAFA attribue cette manœuvre à une volonté de déstabilisation, directement liée à l’actualité économique et juridique récente de la fédération. La semaine dernière, l’instance a en effet officialisé deux accords commerciaux d’envergure : un partenariat avec Standard Bank annoncé lundi, suivi le lendemain de la présentation d’un nouvel équipementier, Adidas.
« Le lundi, nous avons annoncé le parrainage avec Standard Bank, et le mardi, nous avons lancé le nouveau maillot avec Adidas. Cela les a poussés à bout », explique la source citée par Sportswire, qualifiant les perturbateurs de personnes « jalouses » et « déterminées à détruire » l’organisation. « Ils sont venus pour perturber la réunion. C’était très clair lorsqu’ils ont dit : ‘Cette réunion ne continuera pas’. »
Au-delà de ces signatures commerciales, le contexte juridique pèse également sur cet incident. Le week-end précédant la réunion, Ria Ledwaba et Solly Mohlabeng, battus par Danny Jordaan lors de l’élection présidentielle de la SAFA en juin 2022, ont perdu leur appel devant la Cour suprême d’appel pour la sixième fois consécutive. Ils contestaient les résultats du scrutin, qu’ils jugeaient inconstitutionnels. La source interne estime que ce revers judiciaire a agi comme un élément déclencheur supplémentaire pour le groupe d’opposants.
L’informateur de la fédération a également tenu à balayer les accusations passées concernant les 10 millions de dollars liés à l’organisation de la Coupe du Monde 2010. Il a rappelé que les enquêtes menées par la FIFA, le FBI et les autorités suisses et britanniques ont conclu qu’aucun paiement illicite n’avait été effectué en Afrique du Sud, s’étonnant au passage que seul Danny Jordaan, alors PDG du comité d’organisation local (LOC), ait été ciblé par ces investigations, à l’exclusion du président du LOC, Irvin Khoza.
Alors que les élections présidentielles de la SAFA sont programmées pour le mois d’août prochain, scrutin pour lequel Danny Jordaan devrait briguer un quatrième mandat, la fédération indique vouloir maintenir son attention sur la préparation de ses équipes nationales en vue des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA et la Coupe d’Afrique des Nations féminine (CAN).


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