Devant Ighalo et Emenike, l’analyse des performances en Coupe d’Afrique couronne un nouveau roi à la pointe de l’attaque des Super Eagles

L’histoire des Super Eagles s’écrit souvent par les exploits de ses attaquants, mais une analyse approfondie des performances en Coupe d’Afrique des Nations depuis le début du millénaire révèle une réalité statistique inattendue. Selon une étude menée par nos confrères de Complete Sports, la dépendance du Nigeria envers ses numéros 9 est moins absolue qu’il n’y paraît, ces derniers ne représentant qu’un peu plus de 35 % des 91 buts inscrits par la sélection sur les 26 dernières années de compétition continentale.

Cette donnée contextuelle pose le décor d’un classement qui revisite la hiérarchie des buteurs modernes. Si l’année 2004 a vu les milieux de terrain comme Jay-Jay Okocha prendre le relais en l’absence de buteur prolifique, sept noms se détachent pour incarner l’évolution de ce poste crucial, de la transition des années 2000 à l’intensité du football actuel.

**Les précurseurs : de l’acrobatie à la puissance**

Dans ce classement des sept meilleurs attaquants de l’ère moderne à la CAN, Victor Ikpeba ouvre la marche. Bien que son apogée se situe avant 2000, sa contribution lors de l’édition co-organisée par le Nigeria et le Ghana, notamment ses deux buts contre la Tunisie, marque le trait d’union avec la génération précédente. Il est suivi par Obafemi Martins, dont l’explosivité et la capacité à étirer les défenses ont été précieuses en 2006 et 2010, bien que ses buts se soient limités aux phases de groupes.

Le top 5 intègre Julius Aghahowa, mémorable pour ses célébrations acrobatiques et son Soulier d’Or en 2002. Avec six buts au total sur deux éditions, il affiche l’un des meilleurs ratios de la période. Yakubu Aiyegbeni, souvent sous-estimé malgré sa fiabilité dans la surface et son rôle de tireur de penalty attitré, occupe la quatrième position grâce à sa régularité entre 2002 et 2010.

**Le podium : l’impact physique et le retour de la domination**

La troisième marche du podium revient à Emmanuel Emenike. Figure centrale du sacre de 2013, il a incarné la puissance pure, terrorisant les défenses ivoiriennes et maliennes sur coup franc. Son influence a été décisive pour offrir au Nigeria son troisième titre continental, malgré une carrière internationale relativement courte.

Juste devant lui, Odion Ighalo s’empare de la deuxième place. Le meilleur buteur de la CAN 2019 (5 réalisations) a réintroduit la notion de domination individuelle à la pointe de l’attaque, portant l’équipe vers une médaille de bronze grâce à son efficacité dans les matchs couperets, notamment face au Cameroun.

**Le nouveau standard de l’attaque nigériane**

Au sommet de cette hiérarchie, Victor Osimhen s’impose comme le numéro 9 ultime de l’ère moderne. Au-delà de ses statistiques — une médaille d’argent en 2023 et trois buts lors de l’édition 2025 — c’est son profil complet qui le distingue. Contrairement à ses prédécesseurs focalisés sur la finition, l’attaquant de Galatasaray combine présence aérienne, pressing incessant et intelligence tactique.

Son titre de Joueur Africain de l’Année 2023, le premier pour un Nigérian depuis Nwankwo Kanu en 1999, valide ce statut. Victor Osimhen ne se contente pas de marquer ; il crée des espaces pour ses coéquipiers et incarne le football moderne, se plaçant désormais dans la course pour égaler le record historique de Rashidi Yekini.

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