C’est une plongée fascinante dans l’histoire du sport le plus populaire du Sénégal qui se joue actuellement au cœur de Dakar. Depuis le 12 janvier, le Musée Théodore Monod de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) accueille une exposition d’envergure consacrée à l’évolution de la lutte, des indépendances à l’époque contemporaine. Loin d’être une simple galerie de photos, l’événement rassemble des pièces matérielles rares et des archives audiovisuelles qui permettent de matérialiser l’héritage de l’arène.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Fesël », conçu pour valoriser le patrimoine audiovisuel sénégalais. Portée par une collaboration entre la Direction de la cinématographie (Dcia), l’Ebad, l’Ifan, la RTS et l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) en France, l’exposition ne se contente pas de raconter la lutte : elle la montre sous un jour intime.
Au fil de la visite, le public découvre une vingtaine d’objets issus de collections muséales ou personnelles qui ont marqué l’histoire de la discipline. Parmi ces reliques, on retrouve des amulettes et gris-gris ayant appartenu à des figures emblématiques, mais aussi des objets du quotidien devenus cultes par la force de leurs propriétaires. Le Soleil Sports rapporte ainsi la présence de la calebasse de la célèbre voyante Selbé Ndom, du sabar du tambour major Babou Ngom, ou encore du T-shirt de Mohamed Ndao « Tyson », symbole de la révolution du sport-business dans les années 90.
L’exposition s’appuie également sur un fonds documentaire dense : une centaine d’archives audiovisuelles, plus de 50 photographies historiques et des œuvres cinématographiques majeures, dont le film « Lamb » de Paulin Soumanou Vieyra. Ces supports permettent de retracer les trajectoires de légendes comme Abdourahmane Ndiaye « Falang », Mbaye Guèye, Mame Gorgui Ndiaye ou Falaye Baldé.
Pour Ndeye Mané Touré, responsable du projet « Fesël », le choix de cette discipline s’est imposé naturellement dans la perspective des prochains grands événements sportifs. « En vue des JOJ, on s’est dit que cela aurait été intéressant d’aborder la thématique du sport. Et à l’unanimité, les gens ont opté pour la lutte », explique-t-elle à nos confrères. Elle précise toutefois la démarche scientifique derrière l’événement : « Ce n’est pas une exposition sur la lutte sénégalaise, mais sur les archives des institutions sénégalaises. »
Financé par l’Agence française de développement (AFD), ce projet a également permis la formation d’experts locaux par l’Ina, assurant ainsi la préservation future de ces mémoires sportives qui dépassent le simple cadre de l’enceinte de combat.
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