Face à la crise ouverte au sommet de la SAFA, le gouvernement sud-africain gèle son enquête pour un motif purement sportif

La Fédération sud-africaine de football (SAFA) traverse une zone de turbulences marquée par des altercations et des suspensions au sein de son comité exécutif. Si l’État promet d’intervenir pour assainir la structure, le calendrier de la sélection nationale impose un report stratégique des investigations.

Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a publiquement garanti qu’une enquête approfondie serait menée sur la gestion de l’instance dirigeante. Toutefois, selon les informations relayées par Sportswire, cette procédure ne débutera qu’après la Coupe du Monde de la FIFA 2026. L’objectif de ce délai est d’éviter toute perturbation dans la préparation des Bafana Bafana pour le tournoi prévu aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Une fois la compétition achevée, les autorités s’engagent à faire toute la lumière sur ce que le ministre qualifie de « pourriture » au sein des structures de la fédération. Les déclarations de Gayton McKenzie interviennent en réponse aux incidents survenus le week-end dernier lors d’une réunion du Comité exécutif national (NEC) à la SAFA House.

La séance a dû être interrompue à la suite d’une vive confrontation impliquant quatre membres du NEC : Gladwin White, Emma Hendricks, Monde Montshiwa et Orapalang Setlahare. Initialement bloqués à l’entrée de la salle de réunion par des agents de sécurité, ces dirigeants ont finalement pu y accéder, avant que les tensions ne dégénèrent. Un membre aurait notamment pointé du doigt le président de la SAFA, Danny Jordaan, alors installé aux côtés de Nastasia Chiklas et Bennett Bailey.

En réponse à ces événements, le Comité d’urgence de la SAFA s’est réuni vendredi soir et a prononcé la suspension des quatre officiels concernés, dans l’attente de l’ouverture de procédures disciplinaires formelles. Cette crise institutionnelle s’inscrit dans un contexte électoral particulièrement tendu. Une motion introduite par Tankiso Modipa, soutien de Danny Jordaan, vise à appuyer la candidature de ce dernier pour un quatrième mandat, une initiative fermement contestée par le mouvement Safeguarding of South African Soccer (SOS). Les litiges autour de l’approbation des états financiers audités de la saison 2024/2025 figurent également parmi les déclencheurs de la crise.

Face à ces divisions, le ministre des Sports a brandi la menace d’une escalade du dossier vers la Confédération Africaine de Football (CAF) et la FIFA. Néanmoins, l’urgence sportive prime pour le gouvernement. « J’aime faire les choses minutieusement », a précisé Gayton McKenzie. « Lancer une enquête maintenant serait entravé par des excuses d’indisponibilité liées aux engagements pour la Coupe du Monde. » L’intervention étatique est donc officiellement mise en attente.


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