Impossibilité technique de plaider : à la veille du jugement, l’avocat des supporters sénégalais énumère trois entraves majeures à sa mission

L’échéance est fixée à ce jeudi 12 février 2026 devant le Tribunal de Première Instance de Rabat. Près d’un mois après les incidents survenus en marge de la finale continentale, le sort des dix-huit supporters sénégalais encore détenus au Maroc doit être examiné par la justice. Si l’attente est immense du côté des familles et des associations de supporters, l’ouverture de cette audience est marquée par une alerte formelle lancée par la défense concernant les conditions d’exercice de son mandat.

Le contexte de ce procès dépasse le simple cadre sportif. Arrêtés le 18 janvier dernier au terme de la finale de la CAN, ces dix-huit compatriotes sont en détention provisoire depuis lors. Alors que l’opinion publique espérait une clarification rapide des charges, les dernières heures précédant l’audience ont révélé une situation administrative complexe. Selon les éléments communiqués par Me Patrick Kabou et relayés par Wiw Sport, la préparation de cette défense se heurte à des obstacles matériels considérables.

L’avocat constitué dans ce dossier a dressé un tableau préoccupant de la situation procédurale. Dans une déclaration effectuée à la veille de la comparution, Me Kabou indique faire face à trois blocages spécifiques qui l’empêchent techniquement d’assurer sa mission. Il signale ne disposer d’aucun accès à la procédure écrite et se trouver dans l’impossibilité de communiquer avec ses dix-huit clients. Plus surprenant encore, le conseil affirme être « très régulièrement empêché d’entrer au Tribunal de Première Instance de Rabat ». Ces restrictions mènent, selon lui, à une « absence totale de garantie d’un procès équitable ».

La conséquence immédiate de ce verrouillage est l’incertitude qui pèse sur les prévenus eux-mêmes. À quelques heures de leur présentation au juge, les supporters concernés ignorent toujours la nature exacte des faits qui leur sont reprochés. Cette opacité, dénoncée comme un non-respect des droits de la défense, intervient dans un dossier qui a déjà fait l’objet de plusieurs renvois depuis l’arrestation initiale mi-janvier.

Malgré ce climat judiciaire tendu, la mobilisation ne faiblit pas au Sénégal. À Rufisque, fief de plusieurs membres du « Lion Rouge », le troisième comité de supporters présent lors de la compétition, la solidarité s’organise. Une veillée de prières a été tenue avant-hier pour espérer un dénouement favorable. Pour marquer ce soutien indéfectible, une délégation de responsables de l’association a effectué le déplacement jusqu’à Rabat afin d’assister à l’audience de ce jour, espérant que cette date marquera enfin un tournant, tant sur le plan judiciaire que pour le retour des leurs.

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