Depuis février 2023, une épée de Damoclès plane au-dessus de l’Etihad Stadium sans jamais tomber. Alors que Manchester City fait face à plus de 100 accusations d’infractions aux règles financières, l’absence de verdict public après trois ans d’attente commence à peser sur l’image du championnat le plus puissant du monde. Présent à Londres lors d’un sommet économique, le président de la LaLiga n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat, soulignant le contraste saisissant entre le traitement des Citizens et celui des autres formations anglaises.
Le dossier est complexe, mais pour Javier Tebas, le problème réside moins dans la durée de l’instruction que dans le message envoyé au reste de la compétition. Selon les propos rapportés par notre source PLZ Soccer, le dirigeant espagnol estime que la gestion de cette affaire s’avère « dommageable » pour la Premier League, principalement en raison de l’incertitude qu’elle génère quant à l’application des règlements.
**Deux poids, deux mesures ?**
Le cœur de l’argumentation de Tebas repose sur une comparaison factuelle. Durant la période où le dossier City restait en instruction, d’autres clubs britanniques ont été épinglés, jugés et sanctionnés, parfois par des retraits de points, pour des infractions financières. Cette disparité de tempo judiciaire crée, selon lui, un sentiment d’injustice.
« Je comprends que c’est un échec de gouvernance. Cela s’est produit avec Manchester City et les autres clubs regardent, observent et écoutent », a déclaré Tebas lors du Financial Times Business of Football Summit. Il poursuit avec une analyse directe de la situation : « D’autres clubs se voient infliger des amendes, des retraits de points, et c’est très bien si vous ne respectez pas les règles. Mais Manchester City jouit d’une impunité. Je parle à beaucoup de clubs de Premier League et la majorité ne comprend pas cela non plus. »
Pour le patron du football espagnol, cette perception affaiblit l’institution elle-même. La crédibilité d’un système de fair-play financier repose sur la certitude juridique et l’objectivité. « Les citoyens doivent penser que le système est juste pour tous, qu’il n’est pas arbitraire », insiste-t-il.
**La défense des Citizens et la prudence de la Ligue**
Il est important de rappeler que Manchester City a toujours nié l’ensemble des accusations. Le club affirme disposer d’un « ensemble complet de preuves irréfutables » pour soutenir sa position et contester les allégations de la Premier League. Une commission indépendante a examiné le dossier entre septembre et décembre 2024, mais le résultat reste en attente.
Interrogé lors du même événement, Richard Masters, le directeur général de la Premier League, s’est retranché derrière le secret de la procédure. « Je ne peux pas en parler, je ne peux pas parler du calendrier », a-t-il martelé. Toutefois, sans citer spécifiquement le cas de City, il a concédé qu’un régulateur se doit d’être efficace : « Tout régulateur souhaite que son système judiciaire soit performant et fonctionne rapidement. C’est tout ce que je peux dire. »


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