Médaillée d’or et quart-finaliste aux JO, l’athlète sénégalaise expose la méthode de survie financière qu’elle s’impose au quotidien

C’est un cri d’alarme lancé sur un réseau professionnel, loin des bassins et des podiums habituels. Alors qu’elle sort d’une saison marquée par une performance historique aux Jeux Olympiques de Paris 2024 et une domination continentale, la canoéiste sénégalaise Combe Seck a pris la parole pour exposer la précarité de sa situation. Derrière les médailles, l’athlète décrit un quotidien fait de débrouille et d’autofinancement.

Dans un message relayé par nos confrères de Wiw Sport, celle qui a débuté par la natation avant de se tourner vers le canoë-kayak en 2012 exprime une profonde tristesse face au manque de soutien institutionnel. « Jamais je n’aurais cru que j’allais publier sur LinkedIn », écrit-elle, avant de détailler son sentiment d’abandon malgré son engagement sous les couleurs nationales : « J’ai représenté le Sénégal partout dans le monde. J’ai porté ses couleurs avec fierté, avec courage, avec des larmes parfois. Mais mon pays ne m’a pas encore rendu tout le soutien qu’une athlète mérite. »

**Un palmarès qui ne suffit pas à payer les factures**

Sur le plan sportif, le bilan de Combe Seck est pourtant indiscutable. Lors des derniers Jeux de Paris, elle a atteint les quarts de finale pour sa première participation, plaçant le Sénégal sur la carte mondiale de la discipline. Dans la foulée, elle a confirmé son statut en remportant la médaille d’or en individuel et l’argent en C2 (avec Mame Thiarra) lors des Championnats d’Afrique.

Malgré ces résultats, la championne pointe une différence de traitement notable avec d’autres disciplines. « Mon pays ne m’a pas reçue, alors qu’il reçoit l’équipe nationale », déplore-t-elle, faisant référence aux honneurs accordés aux sélections collectives.

**La vente d’articles pour financer la haute performance**

L’aspect le plus critique de sa prise de parole concerne la logistique financière de sa carrière. Loin des structures professionnelles encadrées, Combe Seck affirme assumer seule l’intégralité de ses charges. Pour boucler son budget et assurer ses déplacements, elle a dû mettre en place une activité commerciale parallèle.

« Je paie mes charges seule. Je finance mes déplacements. Je cherche mon argent de poche. Je gère mes équipements selon les saisons », énumère-t-elle, avant de préciser : « Je vends des maillots et d’autres articles pour pouvoir payer mes transports et continuer à avancer. »

Cette économie de subsistance intervient alors que l’athlète prépare une échéance majeure : le Championnat du monde prévu en Pologne au mois de juillet. Au-delà de cette compétition, Combe Seck vise une qualification pour les prochains Jeux Olympiques à Los Angeles en 2028. Un objectif pour lequel elle lance un appel direct aux autorités et au secteur privé : « Je veux juste que mon pays me soutienne, que des sponsors m’aident et qu’on me mette dans de bonnes conditions pour réussir cette mission. »

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