Avant même le coup d’envoi du Mondial 2026 coorganisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, l’organisation était déjà confrontée à des tensions autour des conditions d’entrée sur le territoire américain. C’est dans ce contexte qu’Omar Artan, arbitre somalien retenu puis refoulé alors qu’il devait officier pendant la compétition, est rentré à Mogadiscio où il a été accueilli en héros mercredi 10 juin.
À son arrivée dans la capitale somalienne, de nombreux journalistes et soutiens l’attendaient, au point que des militaires ont dû l’escorter pour lui ouvrir le passage. Il a ensuite été reçu par le président Hassan Cheikh Mohamoud, avant d’être porté en triomphe devant plusieurs milliers de personnes dans le stade de Mogadiscio. Comme l’a également rapporté RFI Sports, l’arbitre, âgé de 34 ans, a expliqué dans un entretien téléphonique au New York Times, mené depuis Istanbul où il avait été renvoyé, qu’il ne comprenait pas les raisons de cette interdiction d’entrée. Il a affirmé avoir été interrogé pendant près de 11 heures et a déclaré qu’il disposait des documents nécessaires, notamment du bon visa.
Cette affaire a pris une dimension plus large parce qu’elle intervient alors que d’autres membres de délégations ou supporters ont aussi rencontré des difficultés administratives avant le tournoi. Le ministre somalien de la Jeunesse et des Sports a indiqué avoir tenté d’intervenir auprès de la FIFA, sans succès, tandis que le Premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a proposé sur X d’accueillir Omar Artan à Vancouver. Cette option ne pouvait toutefois pas aboutir, les arbitres étant regroupés à Miami pour leurs briefings, leurs séances d’entraînement et l’analyse vidéo des matches. La Somalie a dénoncé la situation et plusieurs responsables politiques du pays ont publiquement apporté leur soutien à l’arbitre.
L’affaire a aussi nourri les critiques contre la politique migratoire américaine, d’autant que la Somalie figure parmi les pays visés par une interdiction de voyage décidée par l’administration de Donald Trump. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé à une remise en question profonde de l’impact de ces politiques sur les droits humains et la dignité, tandis que le ministère somalien de la Jeunesse et des Sports a défendu « l’intégrité » d’Omar Artan. Plusieurs de ces éléments, dont l’accueil réservé à l’arbitre à Mogadiscio et les réactions officielles somaliennes, ont été rapportés par l’AFP.

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