La situation des ressortissants sénégalais en détention provisoire au Maroc connaît un nouveau développement préoccupant sur le plan humain. Alors que la procédure judiciaire suit son cours à Rabat, la défense rapporte une consigne spécifique de l’administration pénitentiaire qui complique drastiquement le maintien du lien familial pour les dix-huit mis en cause.
Les conditions de détention des supporters sénégalais arrêtés sur le sol marocain continuent de se durcir. Dans une communication relayée par nos confrères de Wiw Sport, Me Patrick Kabou, l’avocat constitué pour leur défense, a mis en lumière une directive récente affectant directement la communication des détenus avec l’extérieur. L’administration exige désormais que les échanges téléphoniques entre les supporters et leurs proches se déroulent exclusivement en langue française.
Cette mesure administrative pose un problème pratique immédiat : la barrière de la langue. Selon les précisions apportées par l’avocat, la majorité des supporters concernés, ainsi que leurs familles restées au Sénégal, ne maîtrisent pas le français. La langue d’usage pour ces échanges privés est le wolof. En imposant cet idiome étranger à leur quotidien, la mesure engendre une situation d’incompréhension totale et empêche de facto les détenus de décrire leur situation carcérale ou de prendre des nouvelles de leurs proches.
Cette restriction sur les communications s’ajoute à une série d’obstacles procéduraux signalés par la défense depuis plusieurs jours. Me Kabou affirme se heurter à un manque de transparence persistant dans ce dossier. L’accès au dossier de la procédure lui est toujours refusé, et il ne peut communiquer librement avec ses dix-huit clients.
Au-delà des murs de la prison, les difficultés s’étendent jusqu’aux juridictions. L’avocat indique être régulièrement bloqué à l’entrée du Tribunal de Première Instance de Rabat, une entrave qu’il partage avec d’autres compatriotes présents sur place, malgré son statut officiel de défenseur constitué dans cette affaire.
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