Quatre ans après l’exploit de Yaoundé, le groupe sénégalais sacré au Maroc ne conserve qu’une fraction limitée de ses pionniers

Le 6 février 2022 et le 18 janvier 2026 marquent deux sommets dans la trajectoire du football sénégalais. Entre la première étoile décrochée au Cameroun et la seconde glanée récemment au Maroc, moins de quatre années se sont écoulées, mais le visage de la sélection nationale a profondément changé. Si la continuité semble être le maître-mot du mandat d’Aliou Cissé, l’analyse comparée des deux effectifs champions d’Afrique révèle une réalité statistique implacable sur le renouvellement des cadres.

La date du 6 février reste gravée comme le point de bascule. Ce soir-là à Yaoundé, Sadio Mané propulsait le tir au but décisif face à l’Égypte, effaçant des décennies de frustration et la finale perdue de 2019. Ce premier sacre avait été construit dans la douleur, avec une phase de groupes laborieuse — une victoire étriquée contre le Zimbabwe et deux nuls vierges face à la Guinée et au Malawi — avant une montée en puissance spectaculaire lors des matchs à élimination directe.

Cependant, la route vers la deuxième étoile, acquise en terre marocaine après une désillusion en 2023, s’est faite avec un groupe largement remanié. Selon les données mises en lumière par Le Soleil Sports, la colonne vertébrale de l’équipe a subi une érosion naturelle mais significative. Sur le groupe élargi ayant participé à l’épopée de 2022, seule une minorité a survécu à l’exigence du haut niveau pour soulever le trophée en 2026.

Le cercle des « doubles champions » se limite désormais à dix noms. Sans surprise, les tauliers du vestiaire ont tenu leur rang : le capitaine Kalidou Koulibaly, le gardien Édouard Mendy et la star offensive Sadio Mané figurent toujours au cœur du projet. À leurs côtés, Idrissa Gana Gueye et Ismaïla Sarr assurent le lien entre les générations.

La liste des rescapés est complétée par des éléments qui ont su confirmer leur statut ou s’imposer sur la durée : Pape Matar Sarr, Pape Gueye, Abdoulaye Seck, Habib Diallo et Boulaye Dia. Ces dix joueurs incarnent l’héritage direct de la victoire de Yaoundé au sein du groupe victorieux au Maroc, illustrant un équilibre délicat entre fidélité aux cadres historiques et nécessaire régénération de l’effectif.

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