Succession de Randy Waldrum : le pari interne de la fédération nigériane débouche sur un dixième sacre africain.

L’équipe nationale féminine du Nigeria, véritable référence sur le continent africain, a construit sa domination à travers plusieurs décennies de compétition. Derrière cette suprématie se cache une succession de cycles sur le banc de touche, marqués par des transitions complexes, des tensions administratives et des renaissances sportives.

Selon une rétrospective détaillée par Complete Sports, la fondation de cette hégémonie remonte à la fin des années 1990 sous la direction d’Ismaila Mabo. Le technicien a mené les Super Falcons à deux titres en Coupe d’Afrique des Nations féminine (CAN) et a atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde 1999, une première pour une sélection africaine. La suite de cette période dorée a toutefois été marquée par des turbulences. Sous l’ère de Sam Okpodu, l’équipe a concédé sa première défaite à domicile face au Ghana et a trébuché lors du Mondial 2003, poussant la fédération à rappeler brièvement Mabo.

Les années suivantes ont illustré un contraste récurrent entre succès sur le terrain et crises internes. En 2004, Godwin Izilien a remporté la CAN avec une victoire 5-0 contre le Cameroun en finale, un sacre immédiatement suivi par des protestations des joueuses concernant des primes impayées. Si Effiom Ntiero a prolongé la dynamique victorieuse en 2006 grâce aux performances de l’attaquante Perpetua Nkwocha, la sélection a par la suite enregistré des résultats plus irréguliers. Josy Lad a décroché l’or aux Jeux Africains de 2007, mais n’a obtenu que le bronze à la CAN 2008.

La décennie 2010 a vu défiler plusieurs profils, de la première femme entraîneure Eucharia Uche, victorieuse de la CAN 2010, à Kadiri Ikhana, sous qui le Nigeria a terminé quatrième de la CAN 2012 et manqué les Jeux Olympiques de Londres. Le retour au sommet continental s’est opéré avec Edwin Okon en 2014, puis sous la houlette de l’ancienne capitaine Florence Omagbemi en 2016.

Plus récemment, la fédération nigériane s’est tournée vers des techniciens étrangers. Le Suédois Thomas Dennerby a hissé l’équipe en huitièmes de finale du Mondial 2019. L’Américain Randy Waldrum a ensuite pris le relais. Malgré des différends ouverts avec l’instance dirigeante, il a dirigé un parcours notable lors de la Coupe du Monde 2023, marqué par une victoire contre l’Australie, pays co-organisateur, et une élimination aux tirs au but face à l’Angleterre.

Suite au départ de Waldrum, la direction de l’équipe a été confiée à Justin Madugu en tant qu’entraîneur intérimaire. En s’appuyant sur un groupe intégrant des cadres comme Rasheedat Ajibade, Esther Okoronkwo, Ashleigh Plumptre et Chiamaka Nnadozie, le technicien a mené le Nigeria à sa dixième couronne continentale en 2024, en écartant successivement le Maroc, la Zambie et l’Afrique du Sud.

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