La Coupe du Monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, se profile comme une fête planétaire. Pourtant, à deux ans de l’échéance, une voix discordante et familière s’élève depuis Zurich pour tempérer les ardeurs des voyageurs. Loin des considérations sportives ou logistiques habituelles, c’est sur le terrain de la sécurité physique des supporters que le débat vient d’être lancé par l’ancienne tête pensante de l’instance mondiale.
Sepp Blatter, qui a dirigé la FIFA jusqu’en 2015, a publiquement apporté son soutien à une position tranchée concernant l’accueil des fans sur le sol américain. Selon des propos relayés par *Complete Sports*, l’ancien dirigeant suisse valide l’analyse de Mark Pieth, avocat spécialisé dans l’anti-corruption et ancien collaborateur de l’instance sur les dossiers de réformes. Ce dernier estime que le contexte actuel aux États-Unis présente des risques trop élevés pour les visiteurs internationaux.
**Une recommandation sans équivoque**
L’intervention de l’ancien président ne laisse place à aucune ambiguïté quant à la conduite à tenir selon lui. « Je pense que Mark Pieth a raison de remettre en question cette Coupe du Monde », a déclaré Blatter sur les réseaux sociaux. Il rejoint ainsi l’avis de son compatriote qui, dans une interview au quotidien *Tages-Anzeiger*, conseillait explicitement aux supporters de « rester à l’écart des États-Unis » et de privilégier les retransmissions télévisées pour suivre la compétition.
Cette prise de position repose sur des faits divers récents et tragiques. L’argumentaire s’appuie notamment sur la mort de Renee Good, une manifestante tuée par un agent de l’immigration à Minneapolis, ainsi que sur le décès d’un second citoyen américain, Alex Pretti, survenu le week-end dernier. Pour Blatter et Pieth, ces événements sont symptomatiques d’un climat d’insécurité incompatible avec l’accueil d’un événement de masse.
**Un contexte politique pointé du doigt**
Au-delà de la sécurité pure, c’est l’environnement politique et administratif américain qui est visé. Mark Pieth dénonce ce qu’il perçoit comme une « marginalisation des opposants politiques » et des abus de la part des services d’immigration. « Cela n’encourage guère les fans à s’y rendre », souligne l’avocat, avertissant que les visiteurs qui ne se comporteraient pas « correctement » avec les autorités pourraient être immédiatement expulsés.
Cette sortie médiatique intervient alors que Gianni Infantino, successeur de Blatter, entretient des relations étroites avec l’administration américaine et Donald Trump. Acquitté l’an dernier par la justice suisse dans l’affaire du paiement suspect de 2 millions de francs suisses à Michel Platini, Sepp Blatter continue de suivre de près l’actualité du football mondial, n’hésitant pas à émettre des réserves sur l’organisation du tournoi phare qu’il a longtemps supervisé.
0 Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.