Surclassées pour affronter l’élite sud-africaine, deux adolescentes incarnent le nouveau projet du netball malawite

La sélection des moins de 23 ans du Malawi, surnommée les Queen Cubs, a posé ses valises à Durban cette semaine pour participer à la Power Week 1 de la Telkom Netball League (TNL). Au-delà de la simple confrontation face aux équipes sud-africaines, ce déplacement s’inscrit dans une refonte globale de la filière de haut niveau malawite.

L’élément central de cette nouvelle dynamique repose sur un rajeunissement drastique de l’effectif. Parmi les joueuses retenues pour l’expédition figurent Grace Mwanza et Lukia Thonje, toutes deux âgées de seulement 17 ans. Une décision technique assumée par la Fédération malawite de netball (NAM). « Il s’agit d’une équipe de développement des moins de 23 ans, et nous y avons intentionnellement intégré des filles de 17 ans », a expliqué la vice-présidente de l’instance, Tadala Billie, à Sportswire. L’objectif de la fédération est clairement défini : anticiper la relève de la sélection A, les Malawi Queens, en vue des futures échéances internationales, dont la Coupe du Monde.

Pour la sélectionneuse Joanna Kachilika, la priorité de ce tournoi n’est pas comptable. L’enjeu est avant tout d’offrir une expérience de haut niveau face à une opposition relevée. « Jouer dans la Telkom League, même lors de matchs amicaux, leur donne une exposition inestimable », souligne la technicienne, précisant que ce tremplin doit permettre à ces jeunes talents de s’aguerrir avant d’intégrer l’équipe nationale senior. Un constat partagé par la capitaine Mphatso Banda, qui rappelle que cette compétition sud-africaine constitue le premier voyage hors des frontières du Malawi pour plusieurs membres du groupe. Au total, huit rencontres sont programmées pour les Queen Cubs, qui ont débuté leur campagne vendredi face aux KD Queens, avant de défier les Baobabs ce dimanche.

Cette participation à la TNL a été rendue possible par l’investissement de la plateforme de services financiers Mukuru. Un soutien matériel qui vient combler un déficit structurel dans une discipline historiquement moins dotée financièrement que le football. Selon Taleetha Jussab, responsable des partenariats au sein de l’entreprise, cet engagement commence à créer un effet d’entraînement, incitant d’autres acteurs économiques, notamment le secteur bancaire, à s’investir dans les ligues de netball et le sport féminin.

Le projet dépasse par ailleurs le strict cadre du terrain pour toucher à des problématiques sociétales propres au pays. « Au Malawi, des défis tels que les mariages précoces et les taux d’abandon scolaire élevés restent fréquents. Des initiatives comme celle-ci donnent aux jeunes filles un objectif », précise Taleetha Jussab. Le programme vise ainsi à autonomiser ces athlètes, dont beaucoup sont issues de milieux défavorisés, en leur offrant une structure de développement professionnel et personnel.


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