Le dossier de la finale de la CAN 2025 restait, jusqu’ici, suspendu à une procédure ouverte devant le Tribunal arbitral du sport. Depuis quelques jours, un visuel diffusé sur les réseaux sociaux affirme pourtant que le TAS aurait déjà annulé la décision de la CAF et rendu au Sénégal le titre continental.
Ce visuel ne correspond pas aux éléments officiels connus. Premier point relevé dans les vérifications relayées par S’y et reprises par Libe : le numéro de dossier affiché, CAS 2026/A/10857, ne correspond pas à celui de l’appel effectivement enregistré devant le TAS, CAS 2026/A/12295. En matière d’arbitrage sportif, ce numéro identifie toute la procédure. Le document viral ne cite en plus que la Fédération sénégalaise de football et la Fédération royale marocaine de football, alors que le recours vise aussi la CAF, dont la décision est contestée.
Autre incohérence, la date du 10 juin 2026 avancée sur ce faux arrêt ne se retrouve dans aucune publication officielle du TAS. L’instance de Lausanne avait seulement indiqué, dans un communiqué du 25 mars (TAS), que l’appel sénégalais avait bien été enregistré et qu’une formation arbitrale devait encore être constituée. Le tribunal précisait aussi que la procédure en était à ses débuts. Une sentence arbitrale est la décision finale rendue par les arbitres. Or, à ce stade, aucune sentence de ce type n’apparaît dans les archives publiques mentionnées.
Sur le fond, la seule décision exécutoire connue reste donc celle rendue le 17 mars 2026 par la commission d’appel de la CAF. Selon cette décision, prise sur la base des articles 82 et 84 du règlement de la CAN, le Sénégal est considéré comme s’étant retiré de la finale, avec un forfait de trois buts à zéro en faveur du Maroc. La FSF a contesté ce verdict devant le TAS, mais rien dans les communications officielles disponibles ne permet d’affirmer qu’un arrêt définitif a déjà été prononcé.
D’après les éléments cités, plusieurs indices vont dans le même sens : référence de dossier erronée, absence de la CAF parmi les parties mentionnées, chronologie peu compatible avec l’état réel de la procédure et aucune trace sur les canaux publics du TAS. À ce jour, l’affaire reste donc pendante devant la juridiction sportive, dans l’attente d’une décision officielle ou d’un accord entre les parties.

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