Quarante-quatre ans ont passé, mais le temps n’a pas effacé Gijón. Alors que l’Algérie retrouve l’Autriche, le souvenir de 1982 reste une plaie ouverte pour plusieurs anciens internationaux algériens, marqués par l’élimination sur fond d’arrangement entre l’Autriche et l’Allemagne.
Le contraste est frappant. Les joueurs actuels n’étaient pas nés au moment du Mondial 1982, pourtant ce rendez-vous renvoie encore une partie du football algérien à ce premier tour resté célèbre sous l’appellation de « match de la honte ». Ce jour-là, malgré deux succès contre la RFA et le Chili, l’Algérie avait quitté la compétition après la victoire calculée de l’Allemagne contre l’Autriche.
Des versions différentes, une même cicatrice
Réunis dans une table ronde reconstituée relayée par Africafoot, Ali Fergani, Salah Assad, Chaâbane Merzekane, Nourredine Kourichi, Mahmoud Guendouz et Tedj Bensaoula reviennent chacun avec leur sensibilité sur cet épisode. Tous ne parlent pas avec le même ton. Mais tous décrivent une trace profonde.
Chaâbane Merzekane évoque une « mascarade » et estime que l’arbitre aurait dû sanctionner les joueurs, voire arrêter la rencontre. Nourredine Kourichi, qui assistait au match depuis les tribunes avec Mustapha Dahleb et Daniel Hechter, raconte avoir compris très tôt qu’il se passait quelque chose d’anormal après le but de Hrubesch à la 8e minute. Il décrit aussi la réaction du public, avec des supporters algériens brûlant des billets, pendant que des supporters autrichiens et allemands brûlaient leurs propres drapeaux.
Ali Fergani insiste, lui, sur la valeur sportive de cette sélection algérienne, rappelant la victoire contre la RFA, futur finaliste, et le fait que l’Algérie avait terminé à égalité avec l’Autriche et l’Allemagne. Salah Assad adopte un regard plus nuancé sur son premier ressenti, avant de dire que, avec les années, l’amertume est devenue plus forte. Il explique aussi avoir demandé à la FIFA, lors d’une émission télévisée, une réhabilitation symbolique de l’Algérie pour le second tour. Kourichi affirme de son côté que la FIFA n’a rien fait, tandis que Merzekane avance sa propre théorie en évoquant le poids des grands équipementiers de l’époque face à Sonitex, qui habillait alors la sélection algérienne.

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