Alors que la menace d’une réforme planait, World Rugby livre son verdict définitif sur l’avenir de la mêlée sud-africaine

De retour à la table des négociations après une période de suspension, Rassie Erasmus s’est rendu à Londres avec une inquiétude légitime. Le sommet « Shape of the Game » organisé par World Rugby devait aborder l’avenir des règles, avec une pression croissante de certaines nations pour accélérer le jeu au détriment des phases de conquête. Accompagné d’une délégation sud-africaine sur ses gardes, le sélectionneur des Springboks a finalement obtenu une réponse claire sur la pérennité de son modèle tactique.

L’enjeu était de taille pour les champions du monde en titre. Selon les éléments rapportés par Sportswire, une tendance lourde, poussée notamment par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, visait à modifier les lois du jeu pour « dépower » (réduire la puissance de) la mêlée fermée et les mauls, jugés trop lents par certains observateurs. Ces phases statiques constituent pourtant l’ADN du rugby sud-africain.

Un horizon dégagé pour les trois prochaines années

Rian Oberholzer, CEO de SA Rugby présent à Londres, n’a pas caché que la délégation s’attendait à devoir batailler. « Le récit ambiant était qu’ils voulaient réduire l’impact de la mêlée et nous en étions tous conscients avant la conférence », a-t-il confié. Pourtant, les discussions ont abouti à une conclusion inverse, garantissant le statu quo sur les fondamentaux.

L’instance dirigeante a assuré qu’aucun changement drastique ne serait opéré à court ou moyen terme. « Ce qui a été convenu, c’est que le combat reste l’un des aspects importants du jeu, et cela commence par la mêlée, le maul, le ruck et le jeu au pied. Cela ne changera pas, certainement pas avant la Coupe du Monde 2027 », a précisé le dirigeant sud-africain. Une victoire diplomatique majeure pour le camp Erasmus, qui conserve ainsi l’intégrité de son arsenal stratégique pour le prochain cycle mondial.

La mise au point technique d’Erasmus

Au-delà de la politique sportive, Rassie Erasmus a profité de ce retour en grâce pour clarifier un point technique souvent mal interprété par le corps arbitral et le public. Le technicien s’est dit satisfait d’avoir pu expliquer de vive voix pourquoi son équipe semblait parfois pénalisée en mêlée.

« Les gens pensent qu’une équipe est pénalisée parce qu’elle n’est pas assez forte. Ce n’est pas la vérité. C’est parce que pendant que vous êtes repoussé, vous tombez », a analysé Erasmus. « Une équipe peut permettre à une autre de la repousser sur soixante-dix mètres ; elle ne doit simplement pas s’écrouler. C’est quelque chose qui a été éclairci lors de la réunion. »

Pour sa première apparition officielle depuis sa suspension, l’entraîneur a salué l’organisation de l’événement, admettant qu’il est parfois facile de se « déconnecter de World Rugby » en ne communiquant que par écrans interposés. « Je ne suis pas adepte des compliments envers World Rugby, mais c’est définitivement bien géré », a-t-il concédé, validant le processus de décision actuel.


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