Alors qu’il détenait l’ordre formel de suspendre la saison, le gouverneur de Dakar dévoile la garantie personnelle qui l’a poussé à surseoir à la décision

La violence dans l’arène sénégalaise n’est plus une simple préoccupation administrative, c’est une urgence sécuritaire qui a failli coûter sa saison au sport national. Alors que les incidents se multiplient en marge des grandes affiches, l’exécutif régional s’est retrouvé face à un dilemme : appliquer une directive radicale venue d’en haut ou tenter un ultime pari sur la responsabilité des acteurs.

L’avenir de la lutte s’est joué à une décision près, prise dans le bureau du gouverneur de Dakar. Ousmane Kane, le chef de l’exécutif régional, a confirmé sur les antennes de Lutte TV qu’il s’est retrouvé en possession d’une directive claire menaçant l’existence même des compétitions actuelles. Face à la recrudescence des actes de vandalisme et des agressions, la hiérarchie avait tranché en faveur de la fermeté absolue.

« J’ai reçu l’instruction de prendre un arrêté pour suspendre les combats de lutte », a révélé Ousmane Kane. Une mesure qui aurait mis un coup d’arrêt brutal à l’économie de la lutte et privé les amateurs de leurs affiches. Pourtant, l’arrêté n’a pas été signé. Le gouverneur a choisi d’endosser une responsabilité personnelle en contournant temporairement cette injonction, misant sur une solution de la dernière chance plutôt que sur la répression immédiate.

Ce sursis repose sur une relation de confiance établie de longue date avec les instances dirigeantes de la lutte. « À court d’idées, j’ai convoqué Bira Sène que je connais depuis 2000 à Kaolack. J’étais le gouverneur de Kaolack, lui était dans les Navétane », explique l’autorité administrative. C’est sur la base de ce passif et de la capacité du président du CNG à « accomplir la mission » que le gouverneur a plaidé auprès de sa tutelle pour maintenir les activités.

La situation reste toutefois précaire. Ousmane Kane ne cache pas que cette main tendue constitue un risque pour sa propre position. « C’est ma crédibilité qui est en jeu auprès de ses supérieurs », insiste-t-il, précisant qu’il n’hésitera pas à revenir à l’instruction initiale si la violence persiste. Le constat dressé par l’autorité est d’ailleurs alarmant sur le plan sécuritaire : « Comme tout le monde, je n’ose pas sortir les jours de combat, étant gouverneur de Dakar. Donc, il y a problème qu’on arrive à cette situation. »

L’ultimatum est donc posé : la lutte doit présenter une « belle image » et garantir la sécurité des biens et des personnes, ou elle cessera. La survie de la saison ne tient plus qu’à la capacité des acteurs à honorer la garantie morale offerte par le gouverneur.

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