Interpellé par la lecture des faits de Siteu, le gouverneur de Dakar révèle l’ordre hiérarchique drastique qu’il a choisi de contourner

La question de la violence dans l’arène nationale a dépassé le simple cadre sportif pour devenir une préoccupation majeure de l’État. Lors d’une rencontre tenue à la gouvernance de Dakar réunissant les acteurs de la lutte, le ton est monté entre l’autorité administrative et l’une des figures actuelles de la discipline. Ousmane Kane, gouverneur de la capitale, a tenu à remettre les priorités dans l’ordre, livrant au passage des informations inédites sur les menaces qui pèsent réellement sur la tenue des galas.

La réunion visait à accorder les violons entre le Comité National de Gestion (CNG) et les autorités locales, mais l’échange a pris une tournure plus directe suite à une intervention de Siteu. Selon les propos rapportés par nos confrères de Lutte TV, le lutteur a exprimé une position jugée en décalage avec la gravité de la situation sécuritaire, provoquant une réaction immédiate du chef de l’exécutif régional.

Pour Ousmane Kane, l’équation est sans équivoque : l’activité sportive ne peut en aucun cas prévaloir sur la tranquillité publique. « Nous n’allons pas laisser la lutte contraindre la sécurité des citoyens », a martelé le gouverneur. Il a pointé du doigt les risques de vandalisme et de mise en danger de la vie d’autrui, soulignant que l’objectif reste de permettre aux amateurs de se rendre au stade sans crainte. L’autorité a d’ailleurs illustré son propos par un aveu personnel sur le climat de tension qui règne les jours d’affiches : « Comme tout le monde, je n’ose pas sortir les jours de combat, étant gouverneur de Dakar. Donc, il y a problème qu’on arrive à cette situation. »

Au-delà de ce constat, Ousmane Kane a levé le voile sur les coulisses des décisions administratives récentes. Face à la recrudescence des incidents, l’option d’une paralysie totale du secteur a été formellement envisagée au plus haut niveau. « J’ai reçu l’instruction de prendre un arrêté pour suspendre les combats de lutte », a-t-il révélé devant l’assistance.

Si cette mesure radicale n’a pas été appliquée, c’est uniquement grâce à une relation de confiance établie avec l’instance dirigeante de la lutte. Le gouverneur a expliqué avoir choisi de « prendre ses responsabilités » pour trouver une solution alternative plutôt que d’appliquer l’instruction à la lettre. Cette flexibilité repose sur sa collaboration avec Bira Sène, président du CNG, qu’il côtoie depuis deux décennies, notamment lors de leurs passages respectifs à Kaolack et dans le mouvement Navétane. C’est sur la base de cette garantie personnelle donnée au ministre que la saison poursuit son cours, plaçant désormais les acteurs face à leur responsabilité de maintenir l’ordre.

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