Arsenal face à ses démons : le naufrage de Wolverhampton ravive les craintes d’un nouvel effondrement

Arsenal, l’éternel recommencement d’une fébrilité coupable

Les chants moqueurs des supporters adverses, rappelant à Arsenal sa supposée place d’éternel second, risquent de résonner avec une cruelle justesse après la déroute psychologique de Molineux. Face à Wolverhampton, lanterne rouge de Premier League, les Gunners ont offert le spectacle affligeant d’une équipe qui perd ses moyens. L’effondrement, matérialisé par deux points abandonnés après avoir mené 2-0, n’est pas un simple accident de parcours. C’est le symptôme d’un mal plus profond qui semble s’emparer des hommes de Mikel Arteta dès que l’odeur du titre se fait plus entêtante.

Jusqu’à présent, les critiques récentes pouvaient sembler sévères, voire injustes. Perdre des points contre un Brentford en pleine forme, chuter à Nottingham sur un terrain historiquement hostile, ou concéder un nul face à Liverpool au cœur d’un calendrier infernal : chaque contre-performance avait ses circonstances atténuantes. Mais le fiasco face aux Wolves est d’une autre nature. Il n’y a pas d’excuse, pas de facteur extérieur pour expliquer comment une équipe de ce calibre a pu se désintégrer, multipliant les erreurs techniques et les approximations sous une pression quasi inexistante.

L’incompréhension coupable entre David Raya et Gabriel sur l’égalisation tardive est l’illustration parfaite de cette perte de contrôle. Une image qui renvoie inévitablement aux fantômes des saisons passées, notamment l’écroulement mémorable du printemps 2023 où l’équipe, alors leader incontesté, avait laissé échapper un titre qui lui tendait les bras.

« Nous devons simplement revenir à notre niveau, faire les bases correctement », a tenté de rassurer Bukayo Saka après la rencontre, comme pour se convaincre que la solution est simple.

Pourtant, la nervosité est palpable. La gestion du match après la réduction du score à 2-1 a été indigne d’un prétendant à la couronne. Fatigue ou anxiété ? Seul le vestiaire connaît la réponse, mais le résultat est le même : ce genre de performance alimente le récit d’une équipe mentalement friable dans les moments décisifs.

Le destin, ironique, place désormais Arsenal face à un test ultime : un derby du nord de Londres contre Tottenham. Un match qui dépasse le cadre de la rivalité historique pour devenir un véritable procès en caractère. Mikel Arteta a sommé ses joueurs de réagir : « Quand vous traversez un moment difficile, vous devez vous relever et montrer à quel point vous le voulez. »

Une victoire pourrait faire taire, pour un temps, les doutes et les critiques. Mais tout autre résultat ne ferait que confirmer l’implacable perception d’un Arsenal talentueux, mais condamné à trébucher sur la dernière marche, paralysé par la pression qu’il s’est lui-même imposée.

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