C’est une configuration rare, presque inédite dans le football de haut niveau. Ce vendredi 20 février 2026, à 19h45, l’Olympique de Marseille se présente au stade Francis-Le Blé pour y défier Brest avec, à sa tête, un homme qui a quitté ses fonctions précédentes il y a moins de deux semaines. Intronisé mercredi, Habib Beye s’apprête à diriger sa première rencontre sur le banc phocéen, devenant par la même occasion le premier entraîneur africain titulaire de l’histoire du club, Nasser Larguet n’ayant assuré qu’un intérim. Mais cette arrivée rapide, dix jours seulement après son départ du Stade Rennais, s’accompagne d’un climat de défiance palpable soulevé par plusieurs observateurs.
Selon les éléments rapportés par Le Soleil Sports, la transition entre la Bretagne et la Canebière s’est opérée à une vitesse fulgurante. Remercié le 9 février dernier, l’ancien international sénégalais rebondit immédiatement dans un club où il a longtemps rêvé d’exercer. La mission est claire pour le successeur de Roberto De Zerbi : combler les cinq points de retard sur l’Olympique Lyonnais, actuel troisième, pour accrocher le podium en fin de saison. Actuellement quatrième avec 40 points, l’OM est également engagé en quart de finale de Coupe de France contre Toulouse.
**Des statistiques qui contredisent le procès en incompétence**
Si le choix de la direction marseillaise suscite des interrogations, les données factuelles du passage d’Habib Beye à Rennes offrent un éclairage différent de la perception publique. Ayant repris le club breton à la 16e place pour le mener à la 12e, puis le laisser à la 6e position au moment de son départ, le technicien présente un bilan comptable solide. Avec une moyenne de 1,53 point par match (16 victoires, 7 nuls, 12 défaites en 36 rencontres), il se classe comme le quatrième entraîneur le plus performant du XXIe siècle au sein du club breton (pour les techniciens ayant dirigé au moins 30 matchs). Mieux, son pourcentage de victoires (44,4 %) le place au deuxième rang historique, juste derrière Bruno Genesio (49,5 %).
**« Un choix hallucinant »**
Ces chiffres n’ont pourtant pas suffi à endiguer la vague de critiques qui s’abat sur cette nomination. Jérôme Rothen s’est montré particulièrement incisif sur la crédibilité de l’ancien capitaine de l’OM : « À part le copinage… Ce copinage a été fait aussi dans le recrutement de certains joueurs. C’est un bordel sans nom. Excuse-moi de penser qu’Abardonado a sûrement plus de crédibilité qu’Habib Beye sur le court terme. » Le consultant qualifie la décision de « choix hallucinant », pointant du doigt l’état du vestiaire rennais au moment du départ de Beye.
Une analyse rejointe par Johan Micoud, qui s’interroge sur la cohérence du projet marseillais après le départ de De Zerbi. « Faire partir Roberto De Zerbi pour prendre Habib Beye en pensant aller chercher la troisième place, c’est un mystère », estime l’ancien meneur de jeu, jugeant que la solution choisie n’a « rien fait en un an et demi en Ligue 1 » pour justifier une telle pression.
Au-delà du cas personnel, cette nomination met en lumière la rareté des techniciens africains sur les bancs de l’élite française, rejoignant une liste restreinte où figurent des noms comme Patrick Vieira, Jean Tigana ou Claude Makélélé. C’est donc dans ce contexte électrique, entre ambition comptable et scepticisme médiatique, que le technicien sénégalais entame sa mission ce soir en terre brestoise.
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