Décidée à reprendre la main sur la hiérarchie sportive, la Fédération officialise un tournoi suprême interdit aux lutteurs de la catégorie VIP

La transition est désormais actée et le changement de statut juridique s’accompagne d’une refonte profonde des règles régissant l’arène nationale. Alors que le Comité National de Gestion (CNG) cède la place à une Fédération sénégalaise de lutte élue, son président Bira Sène a détaillé la feuille de route qui doit professionnaliser la discipline. Au-delà des aspects administratifs, c’est la gestion des titres et des carrières qui connaît un tournant stratégique, notamment concernant la très convoitée couronne de Roi des Arènes.

Si Modou Lô détient actuellement le sceptre par la force des résultats et la reconnaissance populaire, l’instance fédérale entend reprendre la main sur la hiérarchie sportive. Selon les éléments confiés à nos confrères de *Le Soleil Sports*, la Fédération organisera dès 2026 un tournoi officiel pour décerner un titre institutionnel de Roi des Arènes, tant en lutte avec frappe qu’en lutte simple. Toutefois, cette compétition ne verra pas s’affronter les ténors actuels.

**Une couronne officielle fermée aux VIPs**

La direction technique a tranché : le championnat officiel sera réservé aux lutteurs de la catégorie « espoirs ». Les figures de proue comme Balla Gaye 2 ou l’actuel roi Modou Lô sont exclues de ce format. Pour Bira Sène, ces athlètes « n’ont plus rien à prouver » et possèdent déjà leur propre légitimité. L’objectif n’est pas de créer une concurrence directe avec le titre honorifique décerné par les promoteurs et le public, mais d’installer un « Roi de la Fédération » issu d’un parcours méritocratique clair, débutant par des championnats départementaux et régionaux.

Cette cohabitation entre un roi populaire et un roi fédéral s’inscrit dans une volonté de structuration. Le système de licences évolue également avec une catégorisation stricte (A, B, C) s’appliquant aussi bien aux lutteurs qu’aux promoteurs, définissant ainsi les droits d’organisation et les planchers de cachets.

**Le verrou des 45 ans renforcé**

Sur le plan réglementaire, la Fédération maintient une ligne de fermeté concernant la durée des carrières. L’âge de la retraite reste fixé à 45 ans. Si une dérogation est théoriquement possible, les conditions d’obtention se durcissent considérablement. L’avis favorable de la commission médicale ne suffira plus : le président de la Fédération se réserve un droit de veto administratif. En clair, même déclaré apte physiquement par les médecins, un lutteur pourra se voir interdire la poursuite de sa carrière sur décision institutionnelle.

**Tolérance zéro sur la discipline et le dopage**

La nouvelle équipe dirigeante marque également son territoire sur le terrain disciplinaire. L’incident récent impliquant Petit Baye Fall, auteur de violences sur Boy Dakar lors d’un face-à-face, entraînera une sanction inévitable, qualifiée d’« absolue » par la présidence. La violence, même verbale ou lors des événements promotionnels, ne sera plus tolérée.

Concernant le dopage, la Fédération s’aligne sur les standards internationaux. Le refus de se soumettre à un test équivaut désormais automatiquement à un contrôle positif. Une règle qui place le dossier du lutteur Siteu, sanctionné l’an dernier pour un motif similaire, au centre des attentions : la levée de sa suspension reste conditionnée à l’examen précis de son dossier administratif.

Sur le plan financier, la nouvelle Fédération hérite d’une trésorerie de près de 39 millions de FCFA et d’un calendrier qu’elle compte réajuster, notamment autour des dates clés comme le Drapeau du Chef de l’État prévu début mai.

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