C’est un sommet qui pourrait marquer un tournant dans la gestion de l’athlétisme en Afrique de l’Ouest. Alors que Lagos accueille depuis ce 12 février les figures majeures de la course sur route mondiale, l’enjeu dépasse largement le cadre purement sportif. En présence de dirigeants internationaux et de légendes de la discipline, les acteurs locaux profitent de cette vitrine pour plaider en faveur d’une refonte structurelle, capable de transformer la pratique sportive en levier de développement national.
Organisée par Pamodzi Sports Marketing, la Conférence Africaine de la Course sur Route réunit pendant deux jours des décideurs de premier plan, dont Alessio Punzi, responsable du secteur chez World Athletics, et Paul Tergat, quintuple champion du monde de cross-country. L’objectif affiché par les hôtes nigérians est clair : utiliser cette plateforme pour repositionner la discipline.
**Une vision économique au-delà de la performance**
Mike Itemuagbor, promoteur de la course d’Okpekpe — la première au Nigeria et en Afrique de l’Ouest à avoir obtenu un label World Athletics — a saisi l’occasion pour exposer une stratégie ambitieuse. Selon nos confrères de Complete Sports, le dirigeant insiste sur la nécessité de percevoir la course sur route non plus comme un simple loisir, mais comme un moteur socio-économique vital.
« Les bénéfices de la course sur route pour une nation vont bien au-delà du sport lui-même, car ils touchent à la santé, à l’économie, au tourisme et à l’identité nationale », a déclaré Itemuagbor en accueillant les délégués dans la capitale économique nigériane.
**L’exemple des géants de l’Est**
Pour appuyer son plaidoyer, le responsable marketing s’appuie sur des modèles continentaux éprouvés. Il cite explicitement le Kenya et l’Éthiopie, non seulement pour leurs médailles, mais pour la structure économique que leurs athlètes ont bâtie. Dans ces nations, la course est devenue une source majeure d’emploi, transformant des régions entières grâce aux revenus générés par les performances de l’élite.
L’ambition est de dupliquer cette réussite au Nigeria. « Si nous adoptons cette approche au Nigeria, cela peut également contribuer à stimuler la création d’emplois », analyse-t-il, soulignant que les athlètes d’élite deviennent de véritables acteurs économiques dans leurs communautés respectives.
**Un appel au secteur privé et aux autorités**
Cette conférence se veut un catalyseur, ou selon les termes d’Itemuagbor, le « stimulant » nécessaire pour que le Nigeria investisse davantage dans la course de fond. L’appel est lancé à la fois au secteur privé et au gouvernement pour qu’ils comprennent la rentabilité d’un tel financement.
Le promoteur a par ailleurs salué la Commission Nationale des Sports, dirigée par Shehu Dikko, pour son soutien dans l’organisation de cet événement, espérant que cette collaboration marque le début d’une réévaluation des stratégies de développement de l’athlétisme nigérian pour l’aligner sur les standards mondiaux.
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