Engluée dans les profondeurs du classement et éliminée des coupes nationales, la direction des Spurs a décidé de trancher dans le vif avant le derby du nord de Londres. Si le changement d’homme fort sur le banc marque une rupture, les maux qui rongent l’institution semblent bien plus profonds qu’une simple erreur de casting.
L’électrochoc était attendu, il est désormais officiel. Au lendemain d’une défaite symptomatique à domicile contre Newcastle (1-2), Tottenham a mis fin à la collaboration avec son entraîneur, Thomas Frank. Arrivé en juin 2025 avec la mission de redresser un club ayant terminé 17e la saison précédente, le technicien danois n’aura tenu que huit mois. Le communiqué du club, relayé par nos sources chez Hayters, est sans équivoque : « Les résultats et les performances ont conduit le conseil d’administration à conclure qu’un changement à ce stade de la saison est nécessaire. »
Le bilan comptable est accablant. Avec seulement deux victoires en championnat depuis octobre, les Spurs pointent à une inquiétante 16e place, éliminés de la FA Cup par Aston Villa et de l’EFL Cup par les Magpies. Pourtant, réduire la crise actuelle à la seule responsabilité de l’entraîneur serait une lecture simpliste de la situation.
Une infirmerie pleine à craquer
Le successeur de Thomas Frank héritera d’un chantier colossal, compliqué par une indisponibilité massive de l’effectif. Selon les données disponibles, Tottenham compte actuellement onze joueurs à l’infirmerie. Parmi eux figurent des cadres essentiels dont le milieu offensif ghanéen Mohamed Kudus, mais aussi James Maddison, Dejan Kulusevski, Pedro Porro et Destiny Udogie.
Cette hécatombe a contraint l’équipe à évoluer sans ses créateurs pendant une grande partie de la saison. Une statistique illustre l’ampleur du désastre : les joueurs des Spurs ont manqué un total cumulé de 193 matchs de Premier League pour cause de blessure sur l’exercice 2024/2025. À l’approche du choc contre Arsenal le 22 février, le club ne dispose que de 13 joueurs de champ aptes.
Un mercato jugé insuffisant
Au-delà du terrain, la stratégie de recrutement est pointée du doigt. Le club a échoué sur plusieurs dossiers prioritaires l’été dernier, manquant notamment les signatures de Morgan Gibbs-White et Eberechi Eze. Cet hiver, alors que le besoin de renforts offensifs était criant avec seulement 36 buts inscrits, la direction n’a enregistré que les arrivées du milieu Conor Gallagher et du jeune latéral brésilien Souza.
Thomas Frank avait d’ailleurs publiquement regretté l’échec du dossier Antoine Semenyo, parti finalement à Manchester City. « C’est la qualité de joueurs que nous recherchons pour améliorer l’équipe », avait-il déclaré, impuissant. Ces ratés s’ajoutent à une fuite des talents historiques, le club ayant perdu ses trois derniers meilleurs buteurs : Harry Kane, Heung-min Son et Brennan Johnson.
Une instabilité chronique
Cette nouvelle éviction confirme l’instabilité structurelle du club londonien. Depuis le départ de Mauricio Pochettino en 2019, cinq managers permanents se sont succédé en sept ans. Cette valse des techniciens s’accompagne désormais de changements en coulisses, avec le retrait de Daniel Levy et la nomination de Peter Charrington à la présidence non exécutive.
Alors que le spectre de la relégation n’est pas encore totalement écarté, Tottenham doit impérativement trouver une solution pour enrayer cette spirale négative, bien au-delà du simple changement d’entraîneur.
0 Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.