Le format a été réduit, mais l’intensité est restée intacte sur les greens du Durban Country Club. Dans un tournoi ramené à 54 trous en raison des conditions météorologiques, la victoire s’est jouée dimanche sur une maîtrise technique impressionnante et un détachement psychologique total. Oliver Bekker a rendu une dernière carte de 67 pour s’adjuger le Jonsson Workwear Durban Open avec deux coups d’avance, confirmant une statistique étonnante pour un joueur qui tentait pourtant de s’éloigner des fairways.
Le Sud-Africain a bouclé l’épreuve avec un total de 16 sous le par, devançant son plus proche poursuivant, le Suédois Christofer Blomstrand (-14), auteur d’un dernier tour en 71. Cette performance repose sur une solidité retrouvée, matérialisée par sept birdies contre deux bogeys lors de l’ultime journée. Pourtant, selon les informations de Sportswire, ce succès intervient à un moment charnière et paradoxal de la carrière du golfeur.
Parti s’installer récemment en Australie, Oliver Bekker avait initialement prévu de « ralentir » sa carrière professionnelle. « C’est un peu surréaliste. Depuis que nous avons déménagé en Australie, j’ai plus déménagé de meubles que joué au golf », a confié le vainqueur. Après avoir manqué le cut la semaine précédente, il abordait cette étape du Sunshine Tour sans aucune prétention. « Je suis arrivé sur cet événement sans trop d’attentes, et c’est parfois là que l’on joue son meilleur golf », analyse-t-il.
Cette victoire est sa deuxième sur le circuit, quatre mois seulement après un autre triomphe sur le PGA Tour of Australasia. Le joueur attribue cette forme à un travail spécifique effectué avec un technicien à Stellenbosch, visant à ne pas contrarier son jeu naturel. Une approche payante qui lui permet d’accumuler les trophées alors même qu’il cherchait à lever le pied.
Le dénouement de ce dimanche a offert son lot de suspense. L’Espagnol Pablo Ereno, longtemps en lice pour la victoire, a vu ses espoirs s’effondrer au 17e trou (par 4) en concédant un huit dévastateur. De son côté, Bekker a su saisir les opportunités. « J’ai commencé doucement, puis j’ai commencé à frapper quelques coups de qualité. En sortant du green du 12, j’ai vu que quelqu’un était à -16. J’ai réussi quelques bons putts », détaille le champion. C’est au 18e trou, en consultant le tableau d’affichage, qu’il a compris que la victoire était acquise.
Au-delà de l’aspect sportif, ce titre revêt une dimension émotionnelle particulière pour le Sud-Africain. Sa femme a suivi son sacre en direct depuis l’Australie, malgré le décalage horaire. Oliver Bekker a également dédié cette performance à un proche disparu : « J’ai perdu un ami très proche récemment. Cela vous fait réaliser à quel point la vie est courte, et que des moments comme celui-ci sont spéciaux. »

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