L’épilogue judiciaire de la finale de la CAN 2025 prend une tournure plus politique que juridique. Alors que des peines de prison ferme ont été prononcées contre les 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc, la défense, portée par Maître Patrick Kabou, révèle des failles procédurales majeures qui conduisent les prévenus à rejeter la voie classique de la contestation.
Selon les éléments rapportés par DS Sports, les condamnations, s’échelonnant de trois mois à un an de prison ferme, ne feront pas l’objet d’un second examen judiciaire à la demande des accusés. Ce choix, loin d’être une acceptation du verdict, relève d’une stratégie de rupture. Maître Kabou indique que ses clients refusent d’interjeter appel, estimant que cette démarche reviendrait à « cautionner l’absence manifeste de procès équitable ».
Au cœur de cette posture radicale se trouve la question linguistique et l’accès aux droits de la défense. Les supporters affirment n’avoir compris la nature exacte des accusations que lors de l’audience du 12 février, grâce aux traductions en wolof effectuées par le Vice-Consul du Sénégal. L’avocat souligne que durant les phases critiques — face aux enquêteurs puis devant le Procureur du Roi — ses clients n’ont bénéficié ni d’avocat ni d’interprète en wolof, la seule langue qu’ils maîtrisent parfaitement.
La situation ne s’est pas améliorée lors de l’audience du 19 février. Malgré la présence d’un traducteur assermenté, les échanges se sont tenus essentiellement en arabe, laissant les principaux concernés dans l’incompréhension. Face à ce qu’ils considèrent comme une violation de leurs droits, les 18 supporters se définissent désormais comme des « otages » en attente de libération par leurs « ravisseurs », rejetant la légitimité même de la décision rendue. En demandant à leur conseil d’informer l’opinion publique plutôt que de saisir la juridiction supérieure, ils déplacent le combat du terrain judiciaire vers la sphère diplomatique et médiatique.
« Mes clients considèrent que ce procès n’est pas le leur car n’ayant pas respecté leurs droits »
« Faire appel de cette décision, c’est cautionner l’absence manifeste de procès équitable »
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