La campagne continentale de Rivers United a pris une tournure dramatique à Uyo. Dernier représentant du Nigeria en Ligue des Champions de la CAF, le club de Port Harcourt a subi la loi du Pyramids FC (1-4) lors d’une rencontre qui a exposé les limites actuelles du football local face aux géants nord-africains. Une débâcle qui a provoqué la colère des supporters envers l’entraîneur Finidi George, pourtant confronté à une équation impossible selon plusieurs observateurs avertis.
La tension est montée d’un cran au coup de sifflet final. Alors que Rivers United tentait de sauver l’honneur du football nigérian sur la scène africaine, la lourde défaite à domicile a transformé le stade en tribunal populaire. Finidi George, légende des Super Eagles reconvertie sur le banc, a été directement pris à partie, harcelé et critiqué par une frange du public exigeant des résultats immédiats.
**Un fossé structurel impossible à combler**
Cette réaction virulente a fait réagir Segun Odegbami. Dans une tribune publiée par *Complete Sports*, l’ancien international nigérian s’insurge contre le traitement réservé au technicien. Pour lui, incriminer l’entraîneur revient à ignorer les causes profondes du déclin. Le constat est sans appel : les clubs nigérians ne luttent plus à armes égales avec leurs homologues du Maghreb ou d’Afrique du Sud.
L’écart se creuse sur tous les plans : infrastructures, salaires et rétention des talents. Tandis que les clubs marocains, égyptiens ou sud-africains parviennent à conserver leurs meilleurs éléments et à attirer des étrangers, le championnat nigérian subit une fuite des cerveaux massive vers l’Europe ou des championnats africains plus structurés. Une situation qui affaiblit considérablement le niveau domestique, comme en témoigne la liste des joueurs convoqués en sélection nationale, quasi exclusivement composée d’expatriés.
**L’exemple Remo Stars comme preuve**
Le cas de Finidi George n’est pas isolé. Quelques mois plus tôt, Remo Stars, considéré comme le club le mieux structuré du pays actuellement, avait subi une désillusion similaire face aux Mamelodi Sundowns. Kunle Soname, président de Remo Stars, avait lui-même reconnu le gouffre séparant son écurie des standards continentaux actuels.
Pour notre rédaction, l’acharnement contre Finidi George masque une réalité plus sombre : celle d’un environnement où les entraîneurs locaux, même diplômés et expérimentés, naviguent à vue sans les ressources nécessaires pour rivaliser au plus haut niveau. Le match retour au Maroc s’annonce comme une formalité pour Pyramids FC, confirmant que le problème dépasse largement les choix tactiques d’un seul homme.



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