La rivalité moderne de la Premier League s’est construite, ces dernières années, sur le duel tactique et psychologique entre Liverpool et Manchester City. Passer directement d’un banc à l’autre constitue une trajectoire rare, pourtant empruntée en juin dernier par Pep Lijnders. Désormais adjoint chez les Skyblues après plus de six ans passés à Anfield, le technicien néerlandais est revenu sur les coulisses de ce mouvement et l’échange surprenant qu’il a eu avec son ancien mentor avant de s’engager.
**Une transition validée par l’ancien rival**
Rejoindre l’Etihad Stadium après avoir été l’un des visages du staff de Liverpool ne relevait pas de l’évidence pour celui qui a longtemps œuvré dans l’ombre du technicien allemand. Interrogé sur la dimension « politique » d’un tel transfert, Lijnders a reconnu la complexité émotionnelle de la situation.
« On ne peut pas effacer dix ans à Liverpool aussi facilement », a-t-il concédé dans des propos relayés par Hayters. La décision s’est toutefois cristallisée autour de deux facteurs : l’appel direct de Pep Guardiola et, de manière plus inattendue, la bénédiction de Jürgen Klopp lui-même.
Loin de percevoir ce départ comme une trahison, l’ancien manager des Reds a encouragé son ex-adjoint avec son humour caractéristique. « Quand j’en ai parlé avec Jürgen, il a été très clair : « Si tu ne le fais pas, je prends le poste d’adjoint » », a révélé le Néerlandais. Une phrase qui témoigne du respect mutuel qui subsiste entre les acteurs de cette rivalité, au-delà de l’opposition sportive.
**L’intensité de la méthode Guardiola**
Installé dans ses nouvelles fonctions depuis l’été, Lijnders découvre désormais le quotidien auprès du technicien catalan. S’il note des similitudes dans la philosophie offensive — « Pep est axé sur des attaques organisées, voulant constamment étouffer l’adversaire » —, il souligne surtout la dimension humaine de son nouveau patron.
« Il est brillant, bien sûr. Il a une passion et une compréhension du jeu qui viennent d’une autre planète », analyse l’adjoint. Selon lui, la différence entre les bons entraîneurs et les très grands ne réside pas uniquement dans la tactique : « La qualité réside dans la façon dont vous touchez le cœur des joueurs, comment vous les convainquez de jouer d’une certaine manière. »
Pour Lijnders, qui se dit « fier de rejoindre un club de cette envergure », l’objectif reste inchangé malgré le changement de couleurs : maintenir une exigence de victoire dans une équipe qui a dominé le football anglais sur la dernière décennie.