La décision radicale prise par la direction de Tottenham de se séparer de Thomas Frank visait à créer un électrochoc immédiat. Alors que le club londonien flirte dangereusement avec la zone rouge, cette manœuvre de la dernière chance ne convainc pas tout le monde outre-Manche. Interrogé par nos confrères de Hayters, Nigel Winterburn a tenu à rappeler une réalité souvent oubliée des instances dirigeantes : changer l’homme fort du banc ne suffit pas toujours à transformer une dynamique sportive en perdition.
Actuellement 16e de Premier League, Tottenham ne compte plus que deux longueurs d’avance sur la zone de relégation. Une situation critique précipitée par une série noire de deux victoires seulement sur les seize dernières rencontres de championnat. C’est dans ce contexte d’urgence que le couperet est tombé pour Thomas Frank. Pourtant, pour l’ancien défenseur d’Arsenal et de West Ham, imaginer que ce seul départ garantira le maintien relève de l’illusion.
« Je ne suis pas vraiment sûr de l’impact que cela aura, pour être honnête », a confié Nigel Winterburn à Hayters. Loin de valider la théorie du fameux « choc psychologique » souvent espéré par les supporters, l’ancien international anglais se montre pragmatique. « Les gens parlent de rebond, mais nous avons vu autant d’entraîneurs arriver sans provoquer de rebond que l’inverse. Quand vous êtes en méforme en tant que joueur, un seul match ne suffit pas pour retrouver la confiance. Il en faut plusieurs. »
Selon nos sources, l’inquiétude de Winterburn repose moins sur le profil du futur entraîneur que sur le contenu proposé par les joueurs cette saison. Il pointe du doigt une inconstance chronique qui fragilise l’équipe, quel que soit le technicien en place : « J’ai vu quelques-uns de leurs matchs cette saison et c’est tellement étrange. Ils peuvent être absolument inutiles pendant une mi-temps, puis livrer une prestation cohérente dans la seconde. »
Cette instabilité contraste avec la trajectoire d’un rival direct pour le maintien : West Ham. L’autre ancien club de Winterburn, désormais sous la houlette de Nuno Espirito Santo, a su inverser la tendance avec dix points pris lors des six derniers matchs. « Cela semblait plié pour West Ham, mais ils se sont améliorés de façon spectaculaire », analyse-t-il, soulignant que la lutte pour la survie concerne désormais cinq ou six équipes qui se tiennent en quelques points.
Le calendrier à venir n’incite pas non plus à l’optimisme pour les Spurs, qui devront affronter Arsenal, Liverpool ou encore Nottingham Forest dans les semaines à venir. Pour Winterburn, la direction a agi par peur réelle de la descente, et non par simple précaution. « Seul le temps nous dira si ces matchs tourneront en leur faveur, mais licencier l’entraîneur ne garantira pas à lui seul leur maintien », conclut-il. Une mise en garde lucide pour un effectif qui ne pourra plus se cacher derrière la responsabilité de son manager.
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