Au cœur d’un club historiquement bâti sur la culture de la gagne et l’accumulation d’argenterie, la vision du successeur de Jürgen Klopp tranche par sa radicalité. Lors d’un entretien accordé à l’émission « The Reds Roundtable », le technicien néerlandais a exposé une philosophie où le résultat brut passe, sur le long terme, au second plan derrière une autre priorité absolue.
Pour Arne Slot, l’identité de jeu prime sur le palmarès. Alors que la Premier League impose une course effrénée aux points, l’entraîneur des Reds a tenu à clarifier sa hiérarchie personnelle du succès. Selon lui, soulever des coupes ne constitue pas l’apogée ultime de la fonction d’entraîneur si la manière n’est pas au rendez-vous.
« En tant que manager, vous pouvez gagner le championnat, la Ligue des Champions, la FA Cup ou la League Cup, mais la plus grande chose que vous puissiez gagner, c’est de jouer le plus beau football à regarder », a affirmé le technicien, relayé par Complete Sports. Une déclaration qui place l’esthétisme et l’émotion au centre du projet d’Anfield.
Conscient que cette approche peut surprendre dans un environnement obsédé par la victoire, Slot assume cette divergence potentielle avec une partie du public. « Bien qu’en ce moment, les fans pourraient discuter un peu de cela, c’est absolument ce que je vise », précise-t-il. Son objectif est clair : l’intensité et la possession doivent primer pour garantir le spectacle. « Je veux toujours avoir le ballon, je veux toujours être intense, je veux que les fans aiment ce qu’ils voient. »
Cette exigence va jusqu’à surpasser l’importance comptable à ses yeux. Le Néerlandais confie que sa plus grande aversion n’est pas nécessairement la défaite, mais l’ennui ou la passivité. « C’est la chose que je déteste le plus, je dirais presque encore plus que nos résultats ou le classement : que tous nos fans, à chaque instant du match, ne nous considèrent pas comme une joie à regarder. »
Pour conclure son propos, Arne Slot a théorisé ce qu’il considère comme le véritable héritage d’un entraîneur. Si les trophées garnissent les vitrines, le style marque les mémoires. « Les trophées sont une chose. Mais être une équipe, un club ou un manager qui défend quelque chose, qui défend le beau football, je pense que sur le long terme, cela vaut encore plus. »