Le grand saut vers l’inconnu n’a pas encore produit les étincelles espérées, mais la détermination reste intacte. Transféré à la surprise générale du FC Metz vers l’Udinese lors du dernier mercato estival, Idrissa Gueye découvre à 19 ans l’exigence tactique et physique de la Serie A. Si son temps de jeu demeure pour l’instant anecdotique, l’attaquant sénégalais refuse de céder au découragement et affiche une lucidité étonnante sur le travail nécessaire pour exister dans le Calcio.
L’ascension avait été fulgurante en Lorraine. Lancé dans le grand bain de la Ligue 2 à seulement 18 ans, celui que la presse locale comparait parfois à Olivier Giroud par son profil avait rapidement trouvé ses marques. Avec six réalisations en vingt rencontres, il avait grandement contribué à la montée des Grenats en Ligue 1, décrochant au passage le titre de « Pépite du mois » en avril. Alors que la logique sportive semblait tracer sa route vers l’élite française, le natif de Mbour a pris le contrepied des observateurs en ralliant le Frioul.
**Une adaptation physique indispensable**
Les débuts en Italie s’avèrent arides sur le plan comptable. Avec huit apparitions en sortie de banc et aucune titularisation, Idrissa Gueye doit pour l’instant se contenter de miettes. Une situation qui pourrait frustrer plus d’un jeune talent, mais que l’intéressé analyse avec pragmatisme. Dans un entretien accordé à nos confrères de Galsen Foot (relayé via Foot Mercato), l’avant-centre pointe du doigt la marche athlétique qui sépare son ancien championnat de sa nouvelle terre d’accueil.
« Ici, je peux dire que c’est un peu plus dur, surtout quand tu es attaquant », confie-t-il. La principale difficulté identifiée par le joueur réside dans l’impact physique imposé par les arrières-gardes italiennes. « Les défenseurs sont costauds, donc il faut bosser dur pour garder la balle. C’est pour ça que depuis mon arrivée, je n’arrête pas de travailler. Je vais à la salle, je fais des renforcements. » Ce travail de l’ombre, effectué avant et après les séances collectives, témoigne d’une volonté de s’épaissir pour répondre au défi des duels.
**Un objectif chiffré ambitieux**
Malgré ce temps d’adaptation incompressible, Idrissa Gueye ne manque pas d’ambition. Loin de se satisfaire de son statut de remplaçant, il s’est fixé une feuille de route statistique précise, presque audacieuse au regard de son temps de jeu actuel. « L’objectif est d’avoir un minimum de temps de jeu et d’avoir un minimum de 10 ou 15 buts », annonce-t-il sans détours. « Je peux dire que c’est possible, mais il faut travailler. »
Soutenu par son entraîneur avec qui il affirme « se sentir bien », le joueur écarte d’un revers de main toute idée de départ prématuré ou de prêt pour retrouver du temps de jeu immédiat. « Je ne parle pas de l’avenir. Je parle du présent, parce que je suis à Udine et j’aime bien parler d’Udine parce que je veux faire quelque chose ici », martèle-t-il. Une déclaration de fidélité au projet du club qui devra désormais se traduire sur le rectangle vert, dès que l’occasion lui sera donnée de débuter une rencontre.