L’attente aura duré quatre semaines, rythmée par des reports d’audience et une incertitude grandissante autour du sort des ressortissants sénégalais retenus dans le Royaume chérifien. Au terme d’une procédure judiciaire suivie de près par les observateurs, le tribunal a finalement rendu sa décision concernant les événements survenus en marge de la finale, scellant le destin du groupe de supporters.
Selon les éléments rapportés par notre confrère *DS Sports*, la justice marocaine a prononcé des peines de prison ferme à l’encontre de dix-huit supporters sénégalais. Poursuivis pour des faits qualifiés d’hooliganisme suite aux incidents de Tanger et Rabat, ces derniers voient leur séjour se prolonger dans un cadre carcéral, une décision qualifiée de « disproportionnée » par plusieurs sources proches du dossier.
**Une sévérité qui contraste avec la jurisprudence récente**
Ce verdict soulève des comparaisons factuelles avec d’autres incidents récents survenus sur le continent et au-delà. La défense et les observateurs pointent notamment la gestion des débordements lors du match Maroc-Argentine aux Jeux Olympiques de 2024, où l’envahissement de terrain n’avait pas donné lieu à des incarcérations. De même, les incidents impliquant des supporters de l’AS FAR au Caire ou ceux de l’USM Alger à Diamniadio s’étaient soldés par des sanctions financières ou administratives, sans privation de liberté pour les fans.
Dans le cas présent, l’argumentaire reposant sur la réaction à des provocations ou le rôle pacificateur de certains accusés n’a pas infléchi la position du tribunal. La qualification pénale des faits a été maintenue, transformant un déplacement sportif en affaire judiciaire complexe.
**Pape Matar Sarr, l’exception dans le silence général**
Face à cette condamnation, l’absence de réaction officielle est notée. La diplomatie sénégalaise n’a pour l’heure émis aucun commentaire public sur la situation de ses ressortissants. Du côté des acteurs du terrain, le silence prédomine également, à une exception près.
Toujours selon *DS Sports*, le milieu de terrain de Tottenham, Pape Matar Sarr, s’est distingué en prenant position, contrastant avec la réserve observée par le reste du groupe champion d’Afrique. Si des cadres comme le capitaine Kalidou Koulibaly auraient entrepris des « démarches en coulisses » et des discussions discrètes pour tenter de dénouer la situation, aucune prise de parole collective n’est venue soutenir publiquement les dix-huit condamnés.
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