L’autopsie d’une légende écossaise force les autorités à reconsidérer l’impact d’un geste fondamental du jeu

L’autopsie d’une légende écossaise force les autorités à reconsidérer l’impact d’un geste fondamental du jeu

C’est une décision de justice qui dépasse le cadre du simple fait divers pour toucher à l’intégrité même des acteurs du football. Près de deux ans après la disparition de Gordon McQueen, défenseur emblématique de Manchester United et de l’équipe d’Écosse, une enquête officielle vient d’établir une corrélation médicale directe entre sa pratique professionnelle et les causes de son décès. Ce verdict, rendu public dans le Yorkshire du Nord, relance instantanément le débat sur la prise en charge des traumatismes crâniens et la responsabilité des instances dirigeantes.

Selon les conclusions du médecin légiste Jon Heath, rapportées par PLZ Soccer, le décès de l’ancien international à l’âge de 70 ans, survenu en juin 2023, résulte d’une pneumonie aggravée par une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) et une démence vasculaire mixte. L’enquêteur a formellement indiqué qu’il est « probable que les chocs répétés à la tête, subis en faisant des têtes lors de la pratique du football, aient contribué à l’ETC ».

**Une prise de conscience jugée trop tardive**

Ce rapport médical a provoqué une réaction immédiate de la famille du défunt, qui réclame désormais des mesures concrètes. Hayley McQueen, fille du joueur et présentatrice de télévision, déplore l’inaction des autorités sportives malgré les précédents connus. Elle fait notamment référence au cas de Jeff Astle, attaquant de West Bromwich Albion décédé en 2002, dont la mort avait déjà été qualifiée de « maladie industrielle » liée au jeu de tête.

« Cela aurait dû être un tournant il y a de nombreuses années, lorsque nous avons appris la même chose avec Jeff Astle, mais peu de choses se sont passées entre-temps », a-t-elle déclaré, appelant à une évolution de la législation et à un meilleur programme éducatif sur les dangers du jeu aérien.

**Tensions avec le syndicat des joueurs**

Au-delà de l’aspect médical, la gestion de la fin de vie de Gordon McQueen cristallise les critiques envers la Professional Footballers’ Association (PFA). Anna Forbes, l’autre fille du joueur, qualifie l’attitude du syndicat de « honte ». Elle affirme que la famille a dû puiser dans les économies des parents et s’appuyer sur des associations caritatives comme *Head for Change* pour financer les soins, sans soutien de l’organisation censée protéger les footballeurs.

Face à ces accusations, un porte-parole de la PFA a reconnu la nécessité d’une « réponse collective » pour soutenir les anciens joueurs touchés par des maladies neurodégénératives. L’organisme indique faire pression sur le gouvernement britannique pour que ces pathologies soient reconnues comme maladies professionnelles et milite auprès de l’IFAB pour l’introduction de remplacements temporaires en cas de commotion cérébrale.

Le sujet reste d’une actualité brûlante outre-Manche. Une étude menée en 2019 (FIELD Study), cofinancée par la PFA et la Fédération anglaise, avait conclu que les footballeurs professionnels avaient trois fois et demie plus de risques de mourir d’une maladie neurodégénérative que la population générale du même âge. La famille de Nobby Stiles, champion du monde 1966 également diagnostiqué avec une ETC post-mortem, a d’ailleurs engagé une action en justice contre plusieurs instances, dont la FA et l’IFAB, pour négligence.

Gordon McQueen pictured during his time at Manchester United in August 1978
Soccer – League Division One – Arsenal v West Bromwich Albion – Highbury
Nobby Stiles pictured emerging from the players' tunnel for Manchester United in 1969

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