Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, le football russe évolue en marge du système mondial, exclu des compétitions par les instances dirigeantes. Cette mise au ban, censée faire pression, se heurte aujourd’hui à une remise en question venue du sommet même de la pyramide. Dans une intervention qui tranche avec la fermeté affichée ces trois dernières années, le président de la FIFA a ouvertement contesté l’utilité de ces mesures punitives.
C’est lors d’un entretien accordé à Sky News que Gianni Infantino a clarifié sa position, relayée par nos confrères de Complete Sports. Interrogé sur la pertinence de maintenir la suspension de la Fédération russe de football, le dirigeant italo-suisse n’a pas usé de détours diplomatiques.
« Nous devons le faire, absolument », a-t-il répondu concernant la levée de l’interdiction. Pour le patron du football mondial, le bilan de ces années d’isolement est sans appel et négatif. « Parce que cette interdiction n’a rien accompli, elle a juste créé plus de frustration et de haine », a-t-il justifié.
Cette prise de position intervient dans un contexte de léger dégel institutionnel. Le Comité International Olympique (CIO) a récemment recommandé aux fédérations sportives internationales de réadmettre les équipes russes, mais spécifiquement au niveau des jeunes. C’est précisément sur ce terrain que Gianni Infantino appuie son argumentation, mettant en avant la dimension éducative et humaine du sport au-delà des conflits géopolitiques.
« Avoir des filles et des garçons de Russie capables de jouer des matchs de football dans d’autres parties de l’Europe aiderait », a conclu le président de la FIFA. Si aucune date ni procédure officielle n’a été annoncée, cette déclaration marque une rupture rhétorique nette avec la politique de sanction stricte appliquée jusqu’ici.