Lors de la demi-finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face à l’Égypte, le duel sur le couloir gauche opposait une étoile montante de la Premier League à l’une des références mondiales à ce poste. Si la performance défensive du latéral sénégalais a été saluée, elle ne doit rien au hasard : une préparation minutieuse, orchestrée en interne grâce à une connaissance intime du jeu de l’adversaire, a fait la différence.
Le match s’est soldé par une victoire étriquée mais précieuse (1-0) pour les Lions, ouvrant les portes de la finale. Mais au-delà du score, c’est la bataille tactique dans le couloir qui a retenu l’attention. El Hadji Malick Diouf, sociétaire de West Ham United, avait la lourde tâche de contenir Mohamed Salah, le capitaine des Pharaons. Une mission d’autant plus complexe que le défenseur avait essuyé quelques critiques sur sa solidité défensive avant le début du tournoi.
Pour relever ce défi, le latéral gauche n’a pas seulement compté sur ses qualités athlétiques. Il a bénéficié d’un atout stratégique majeur au sein même de sa sélection : l’expérience de Sadio Mané. L’attaquant sénégalais, qui a partagé le vestiaire de Liverpool avec Mohamed Salah pendant plusieurs saisons, connaît mieux que quiconque les habitudes, les appels et les zones préférentielles du numéro 10 égyptien.
Un briefing tactique jusqu’à l’échauffement
Interrogé par nos confrères de SuperSport, El Hadji Malick Diouf a confirmé l’importance capitale de cet échange. La transmission d’informations ne s’est pas limitée à une simple discussion générale, mais s’est transformée en véritable séance de coaching personnalisé à l’approche du coup d’envoi.
« On en a parlé deux jours avant le match, pendant la réunion et même à l’échauffement », détaille le défenseur, dont les propos sont relayés par Wiw Sport. « À chaque fois, il me donnait des conseils sur la façon de jouer contre Salah. Il me disait : « C’est un excellent joueur, un joueur de très haut niveau. Donc, si tu fais ça… tu sais à quel point mes conseils sont bons ». »
Respecter sans subir
L’application de ces consignes a permis à l’ancien joueur du Slavia Prague de livrer une copie propre, limitant considérablement l’influence de l’ailier de Liverpool sur la rencontre. La stratégie reposait sur un équilibre mental précis : reconnaître le talent de l’adversaire pour mieux anticiper ses mouvements, sans pour autant faire preuve de passivité.
« Quand tu rencontres un joueur de ce calibre, tu dois le respecter, mais sans rien lui donner. Parce qu’au moindre faux pas, vous êtes mort », analyse lucidement El Hadji Malick Diouf. « Je suis donc resté concentré, en suivant les conseils de Sadio. C’était vraiment formidable pour moi de pouvoir discuter avec lui de la façon de marquer Salah. » Une transmission d’expérience qui a permis au Sénégal de verrouiller son couloir gauche et de valider son ticket pour l’ultime marche de la compétition.